L'AGPB annonce la sortie d'un livre blanc « Ambition Céréales 2030 », à l'occasion d'un colloque le 16 juin célébrant son 90e anniversaire. Douze défis y sont présentés « pour produire plus, produire mieux ».
« ON veut donner de la visibilité, de l'espoir, de la fierté à nos producteurs, a déclaré le président de l'AGPB (Association générale des producteurs de blé) Philippe Pinta, le 5 juin en conférence de presse, en présentant Ambitions Céréales 2030, livre blanc édité par le syndicat. L'ouvrage sera diffusé le jour de la tenue de deux tables rondes sur la place du blé français face au défi alimentaire mondial et les innovations technologiques. Dans sa vision de l'exploitation céréalière en 2030, l'AGPB insiste sur le développement de synergies, via la mutualisation du matériel et de la main d'œuvre, l'assolement en commun. La complémentarité entre végétal et animal est un autre exemple, à travers la méthanisation. Pour ne pas empiéter sur la production alimentaire, l'idée est de mettre en place trois cultures en deux ans, dont une dédiée à l'énergie.
Diversification dans la volailleL'accent est mis sur la diversification dans des ateliers volaille. « La viande blanche représente une activité complémentaire, en termes de consommation de céréales, de production de matière organique », a expliqué Philippe Pinta, pour qui l'intérêt est aussi de réduire l'importation massive de viande. À l'horizon 2030, l'AGPB imagine des exploitations pratiquant l'allongement des rotations, la diversification des cultures. « Ce n'est pas “tout pour l'agrandissement” », a-t-il défendu, en pointant la « taille très modeste » des fermes céréalières aujourd'hui en France par rapport à leurs homologues en Allemagne, Tchéquie, Roumanie ou encore au Kazakhstan ou en Ukraine.
La « bioperformance » plutôt que l'agroécologie« Il s'agit de devenir des champions de la bioperformance », a lancé Philippe Pinta, en prenant ses distances avec l'agroécologie, qui offrirait un moins bon « équilibre » entre économie et écologie. Explication du directeur général Pierre-Olivier Drège : la « bioperformance » permet de « sortir par le haut sur l'ensemble des critères ». « Il y a une ambigüité sur l'agroécologie, avec laquelle une baisse de production n'est pas écartée », selon lui. L'AGPB fixe au contraire un objectif de hausse. « Depuis les années 2000, les rendements plafonnent », a noté le vice-président Dominique Chambrette, coordinateur de l'équipe de jeunes administrateurs et membres du bureau de l'association ayant rédigé le livre blanc. « L'objectif est de retrouver de la croissance », a-t-il précisé, en mettant la barre à 0,5 q/ha de plus par an, soit deux fois moins que la progression observée lors de l'après-guerre.
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L'AGPB affirme sa soif d'innovation. Un volet important y est consacré dans les douze défis d'Ambition Céréales 2030 : accélérer le progrès génétique, investir dans la chimie du végétal, réduire l'empreinte sur l'environnement via des technologies innovantes. Ce dernier point est lié à la diffusion d'outils d'aide à la décision, de pilotage de précision des cultures. « On est à la veille d'une révolution, a estimé Dominique Chambrette. Aujourd'hui, on sait guider le tracteur par GPS au centimètre près. Dans moins de cinq ans, ce sera les intrants dans la parcelle. »
D'autres points concernent la compétitivité, notamment l'optimisation de la logistique avec une attention particulière pour le rail. Face aux risques croissants, l'AGPB prône un système d'assurances, en se montrant très intéressée par l'exemple américain. Le développement de la formation continue, la communication sont d'autres aspects évoqués.