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Focus Allemagne L’agriculture allemande : d’un modèle familial à un modèle libéral

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Historiquement, l’agriculture allemande s’appuie sur un modèle familial. La réunification l’a entrainée vers un modèle plus libéral et reconnu pour sa compétitivité.

Avant la réunification, le modèle familial est plutôt prédominant dans le modèle agricole allemand. Dans son livre L’Allemagne et la politique agricole commune, thèmes et variations publié en 1982, Stefan Tangermann explique que « les conceptions allemandes en matière de politiques agricoles ont une dominante protectionniste ». L’agriculture allemande est alors peu productive et c’est plutôt l’industrie qui tire son épingle du jeu. L’élevage en zones défavorisées est très rapidement soutenu par les pouvoirs publics. En 1991, la réunification s’accompagne de l’entrée des Länders de l’Est où les exploitations agricoles sont beaucoup plus grandes. « Les exploitations agricoles de l’Allemagne de l’Est sont beaucoup plus grandes que celles de l’Allemagne de l’Ouest. Leur organisation n’est pas celle d’exploitations familiales, mais celles de coopératives de production », explique Heinz Ahrens, professeur à l’Université de Halle-Wittenberg dans son livre La politique agricole allemande entre réunification et réforme de la PAC publiée en 1994. Pour que les deux modèles d’exploitations puissent cohabiter durablement, une réforme de la politique allemande est nécessaire.
L’Allemagne prend alors un virage historique dans sa politique agricole. « Les divers instruments spécifiques favorisant les petites exploitations et écartant de manière discriminatoire les plus grandes unités de production sont progressivement abandonnés », poursuit Heinz Ahrens. Concernant la politique de soutien aux revenus agricoles, les changements n’ont pas été majeurs. En revanche, concernant le soutien spécifique des petites exploitations, les changements se sont opérés en faveur de l’intégration des grandes exploitations de l’Est, avec notamment la suppression de plafonnements pour l’obtention d’aides. Progressivement, les grandes exploitations agricoles ont pris la voie du libre-échange et ont commencé à importer des céréales. Parallèlement, le cheptel bovin a considérablement décru, entraînant des difficultés pour le secteur de l’abattage alors en surcapacité. Néanmoins, au milieu des années 1990, les politiques agricoles en faveur de l’élevage couplées à un secteur industriel de poids ont accompagné notamment le mouvement d’intensification de la production de viande dans le nord du pays.

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