La surface agricole bio française a explosé en 2015 (+23 %) par rapport à 2014, a-t-on appris lors d’une conférence organisée par l’Agence bio à Paris, le 25 mai. Toutes les conditions sont réunies pour un fort développement, tant au niveau de la production que de la transformation avec un marché en forte croissance. Seule ombre au tableau : la pénurie des aides à la conversion.
« La bio passe la vitesse supérieure et peut encore faire mieux », a annoncé Didier Perréol, président de l’Agence bio, à Paris, le 25 mai. En 2015, les surfaces agricoles en bio ont augmenté de 23 % par rapport à 2014. Ainsi, les terres bio françaises occupent 1,375 million d’hectares, soit 5,1 % de la surface agricole utile du pays. Par ailleurs, le nombre de fermes bio en France fin 2015 est de 28 884 (+9 % par rapport à 2014). Les filières les plus dynamiques en termes de conversion sont les bovins laitiers avec plus de 530 conversions, les bovins allaitants avec plus de 380 conversions et les grandes cultures avec plus de 650 nouvelles fermes. En termes de surfaces, les grandes cultures enregistrent ainsi près de 70 000 hectares en première année de conversion et l’élevage de ruminant près de 140 000 hectares de surfaces fourragères. En valeur, le marché de la bio atteint 5,76 milliards d’euros (+14,7 % en 2015 par rapport à 2014). « Notre objectif est d’avoir un chiffre d’affaires de 10 milliards d’euros en 2020 », poursuit le président de l’Agence bio.
Contexte favorable en amont…
Ces données viennent confirmer une vague vertigineuse de conversion pressentie bien avant leur publication. Dans plusieurs régions, les aides à la bio viennent à manquer, signe de l’engouement des agriculteurs pour la filière. Les prix en bio sont plus attractifs. C’est en particulier le cas en filière laitière. Jacques Chiron, président de Biolait (premier collecteur de lait bio en France) confirmait le 28 mai lors d’une conférence sur le commerce équitable, l’engouement des nouveaux éleveurs bio. Les conversions ne traduisent pas seulement un changement de vision du modèle agricole. « En ce moment, le prix du lait en bio est à 450 euros la tonne. En conventionnel, il est à 280 euros la tonne… », affirme-t-il.
… et en aval
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Pour les professionnels, un des moteurs de croissance de la production, c’est aussi l’aval. De fait, Didier Perréol souligne que la restauration collective a fortement augmenté ses achats en bio (+18 % en valeur) par rapport à l’année précédente. Par ailleurs, le nombre d’opérateurs de la filière ne fait pas exception à la règle. Le nombre de transformateurs a augmenté de 3 % en 2015 et celui de distributeurs de 8 %. En outre, les opérateurs de l’aval ont une visibilité sur les prochaines années. De fait, l’enregistrement des nouvelles conversions cette année permet à la filière d’affirmer que les surfaces agricoles bio devraient augmenter de 8 % en 2016 et même de 20 % en 2017.
Incertitudes pour la suite
Néanmoins, l’incertitude est toujours aussi pesante s’agissant des aides à la conversion et au maintien. Ces dernières viennent à manquer, voire sont totalement épuisées dans certaines régions. Cet engouement est le plus marqué dans la région Languedoc-Roussillon-Midi-Pyrénées avec 26 160 hectares en première année de conversion en 2015. Pour l’heure, aucune annonce concrète ne permet à la filière d’affirmer que des enveloppes supplémentaires seront débloquées pour prendre en charge toutes les conversions.