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L’agriculture en bonne place dans les projets « Territoires d’innovation »

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En visite dans la Drôme le 13 septembre, le Premier ministre Édouard Philippe a annoncé une liste de 24 territoires lauréats de l’action « Territoires d’innovation », qui seront accompagnés par l’État pour favoriser leur développement économique, dans le cadre du Programme d’investissements d’avenir. Huit lauréats ont comme thématique ciblée l’agriculture et la transition alimentaire.

L’objectif de l’appel à projets du Programme d’investissements d’avenir, à l’issue duquel 24 lauréats ont été retenus, est « d’accélérer, grâce à l’innovation, les grandes transitions : la transition écologique, l’évolution des pratiques agricoles, la revitalisation des centres-villes, la reconquête industrielle, les nouvelles mobilités », a énuméré le Premier ministre. Les 24 projets, qui rassemblent des collectivités territoriales et des partenaires économiques sous l’égide de l’État, devraient être accompagnés sous la forme de subventions (150 M€) et d’investissements publics (300 M€).

Plus d’emplois, de qualité, et de revenu, moins d’intrants

Les programmes de développement économique orientés vers l’agriculture sont très axés sur la revitalisation de l’emploi rural via le développement des marchés locaux et des pratiques agroécologiques. Avec en outre des bienfaits pour les consommateurs, grâce à des produits de qualité et diversifiés, et pour l’environnement grâce à la réduction des intrants. À cela s’ajoute une amélioration du revenu des agriculteurs.

Citons parmi ces programmes orientés vers l’agriculture « Sésame : le bio s’ouvre à vous », porté par Cœur d’Essonne agglomération. Il a comme ambition de multiplier par 5 le nombre de fermes locales et de les faire fonctionner en réseau. « La production d’environ 10 % de la consommation et 50 % de la restauration collective des 210 000 habitants sera en produits bio locaux », selon le Secrétariat général pour l’investissement.

Une « Biovallée » dans la Drôme

De même, « Biovallée », dans la Drôme, où s’est rendu Édouard Philippe. Ce projet « explorera les pistes de transformations possibles pour inventer un modèle rural pérenne », a détaillé le Secrétariat général pour l’investissement : développer une production agricole bio à hauteur de 80 %, développer le marché local, augmenter de 20 % les emplois dans l’agriculture, grâce au déploiement de cultures bio et de pratiques agroécologiques.

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Le projet « Terres de sources Bretagne », mené par la collectivité « Eau du bassin rennais », entend répondre à la dégradation de la qualité des eaux, en développant la demande en produits agricoles locaux pour faire progresser les pratiques agroécologiques. L’objectif est de diversifier les productions des agriculteurs du bassin dans les protéagineux, le blé noir, le chanvre, les légumes, les céréales. La collectivité a pour ambition « d’améliorer significativement et de diversifier le revenu de ces agriculteurs ».

Dans un communiqué commun, l’Inra et l’Irstea se sont félicités d’être, en tant qu’organismes de recherche, porteurs, de deux laboratoires d’innovation territoriale, et associés à cinq autres.

BioVallée : + 20 % d’emplois en agriculture grâce aux pratiques agroécologiques

Un projet pour réduire « très significativement l’usage de pesticides » en Nouvelle-Aquitaine

VitiRev, porté par la région Nouvelle-Aquitaine, et associant le centre Inra de Nouvelle-Aquitaine Bordeaux, veut « imaginer les organisations et les modalités de conduite viticole de demain » en Nouvelle-Aquitaine, « permettant de réduire très significativement l’usage de pesticides », signale l’Inra dans son communiqué commun avec l’Irstea. Voici l’agenda que s’est fixé la région à l’horizon 2030 : engager 100 % des territoires viticoles de la région dans la démarche VitiRev ; utiliser 80 % des produits compatibles avec l’agriculture biologique et réduire massivement la part des CMR (cancérogènes, mutagènes et reprotoxiques) dans les produits utilisés ; obtenir un gain en attractivité et en compétitivité des territoires ruraux en agissant sur la formation et les compétences. Le budget prévisionnel du projet atteint 244 M€.