L'agriculture est au cœur de l'économie circulaire. Les deuxièmes Assises nationales de l'économie circulaire à Paris, les 16 et 17 juin, étaient l'occasion de rappeler que l'objectif est d'étendre au plus grand nombre ce modèle.
« Aujourd'hui, nos déchets nous rapportent 1 million d'euros. Avant, le coût de la destruction était de 8 millions d'euros », a déclaré Hubert Garaud, président de la coopérative agricole Terrena, aux deuxièmes Assises nationales de l'économie circulaire à Paris, le 17 juin. L'agriculteur a investi dans un méthaniseur et « beaucoup d'autres choses », poursuit-il. Applaudi par l'amphithéâtre rempli de la Maison de la chimie à Paris, l'agriculteur continue : « Nous sommes prêts. Par exemple, j'ai réduit d'un quart les émissions de méthane dans mon exploitation laitière en adaptant les rations ». Le public, en grande partie non agricole, a l'air positivement étonné de son témoignage. « Vous êtes le premier de la classe », complimente l'animateur du débat, « mais qu'en est-il des autres ? ».
« Commencer par l'éducation est fondamental »
L'étape suivante est la diffusion de ces expériences. Marion Guillou, présidente d'Agreenium (agronomes, vétérinaires et forestiers), revient sur le groupe Terrena et son modèle d'économie circulaire : « Il y a un mouvement. La difficulté est d'entraîner le plus grand nombre. Il faut former l'appareil coopératif ». Bruno Parmentier, auteur et consultant, semble moins optimiste : « Toutes les coopératives ne sont pas comme Terrena ». Selon lui, l'économie circulaire concerne aussi, à l'autre bout de la chaîne, le consommateur. Et en matière d'alimentation, la formation des plus jeunes est incontournable : « Tout commence à l'école, au collège et au lycée. C'est fondamental ». Les repas pris pendant la scolarité sont déterminants. « Aujourd'hui, une personne dont l'espérance de vie est 90 ans, prendra, dans toute sa vie, seulement 3% de ses repas à l'école », illustre-t-il. Mais ils sont fondamentaux : « Les repas pris à l'école déterminent notre bagage de connaissances de l'alimentation ».
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« Il faut une rupture dans notre façon de fonctionner »
L'éducation et la formation sont mises en avant pour diffuser le modèle de l'économie circulaire. Mais, pour l'heure, le changement de pensées est indispensable. « Je suis un pur produit de l'agriculture d'après guerre. Nous avons rompu un lien essentiel entre les agriculteurs et les consommateurs », reconnaît Hubert Garaud, très engagé dans l'économie circulaire. « Je suis convaincu qu'une rupture dans les têtes est incontournable. Les coopératives sont ok… à condition que l'on reste dans l'économie », ajoute-t-il. Il s'agit bien du nerf de la guerre : l'économie circulaire concilie économie et environnement. Pour Bruno Parmentier, les agriculteurs doivent changer leur façon de penser : « Quand il manquait de terres à cultiver, on misait sur la productivité à l'hectare. Quand on a manqué de main d'œuvre, on a misé sur la productivité de l'heure travaillée, etc. Aujourd'hui, il faut une autre vision. Il faut une productivité au litre d'eau, au kilo d'engrais, etc. ».