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Lutte contre le changement climatique L’agriculture et la sécurité alimentaire commencent à être prises en compte

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A Copenhague, où devait se conclure la conférence des Nations unies sur le climat, les délégations africaines arboraient un badge mentionnant « no agriculture, no deal ». Quels que soient les résultats de ces très difficiles négociations, l’agriculture – et son objectif premier, la sécurité alimentaire mondiale – a bénéficié d’un début de reconnaissance dans le processus de lutte contre le réchauffement. Ce qui n’avait pas été le cas dans le protocole de Kyoto.

Deux textes étaient négociés à Copenhague, l’un sur la poursuite du protocole de Kyoto qui fixe des objectifs de réduction des gaz à effet de serre aux pays développés de 2008 à 2012, l’autre sur les « actions de coopération à long terme », c’est-à-dire les engagements, pour le futur, des signataires de la Convention de Rio sur le changement climatique ainsi que le financement de ces efforts.
Il est « crucial » que la sécurité alimentaire fasse partie du processus à long terme, a insisté le président de la Fédération internationale des producteurs agricoles (Fipa), le Zambien Ajay Vashee, lors d’un des nombreux événements organisés en marge des pourparlers officiels. « Nous nous attendons à ce que l’agriculture fasse partie intégrante des négociations sur les changements climatiques » et « à ce que les agriculteurs soient reconnus et récompensés pour leurs activités de piégeage du carbone dans tout système de comptabilisation du carbone qui sera mis sur pied », a-t-il également souligné.
Dans un communiqué du 17 décembre, la FIPA demande instamment aux négociateurs des changements climatiques de s’entendre sur la mise en oeuvre rapide d’un programme de travail sur l’agriculture, et de rechercher une entente selon laquelle des mécanismes REDD (réduction des émissions dues à la déforestation et à la dégradation) engloberait l’agriculture, la foresterie et d’autres formes d’utilisation du territoire.

Spécificité
Finalement, l’agriculture, que le protocole de Kyoto ne mentionne pas en tant que telle, contrairement à la forêt, a gagné cette reconnaissance à Copenhague. Elle sera « enfin prise en compte avec sa spécificité, à savoir nourrir la planète », étant admis que, dans ce but, pour accroître la production alimentaire, « il ne sera pas possible de ne pas augmenter ses émissions de carbone », a déclaré à Agra Alain Schlesser, directeur général adjoint de l’Assemblée permanente des chambres d’agriculture (ACPA), qui était sur place parmi de nombreux dirigeants agricoles. Le secrétaire américain à l’agriculture, Tom Vilsack, a lui aussi plaidé, en marge des négociations, pour que l’agriculture soit intégrée dans toute action internationale contre le réchauffement climatique.

Marchés du carbone
« En réalité, peu importe combien les nations développés et les gouvernements mettent sur la table » pour soutenir les efforts des pays en développement, car, « en termes de changement climatique, ce ne sera jamais assez », a estimé M. Vilsack. Selon le ministre américain, les agriculteurs devront donc être également récompensés par d’autres moyens, notamment par le biais des marchés d’émissions de carbone.

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