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Climat L'agriculture européenne veut des objectifs réalistes en termes de GES

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L'agriculture européenne peut apporter sa contribution à la lutte contre le changement climatique à la fois en réduisant ses émissions de gaz à effet de serre mais aussi en absorbant le CO2 atmosphérique. Mais les efforts demandés au secteur ne doivent pas être trop ambitieux au risque de voir le secteur de l'élevage fortement touché.

«L 'AGRICULTURE a un rôle à jouer dans la lutte contre le changement climatique » à la fois en réduisant ses émissions de gaz à effet de serre (GES) et en absorbant du CO2 : c'est en substance le message que tiennent à faire passer les ministres de l'agriculture des Vingt-huit, réunis le 13 octobre à Luxembourg. Ils ont pu échanger sur ce sujet lors d'un déjeuner organisé dans le cadre du Conseil agricole.

La France, qui organisera à Paris fin 2015 le sommet climatique international où doit être conclu un accord contraignant sur le climat, a préparé une note dans laquelle elle souligne que « la nature biologique et le caractère diffus des émissions agricoles (méthane par exemple) limitent les leviers de réduction en comparaison des émissions des autres secteurs, de nature technologique et énergétique, et expliquent qu'un certain nombre de ces leviers sont caractérisés par un coût d'atténuation important et une efficacité limitée ». Dans son étude d'impact, la Commission européenne prévoit une baisse de 28% des émissions de GES du secteur agricole. Une évaluation largement supérieure au potentiel réel d'atténuation du secteur, estime Paris. Et de prévenir que « si un niveau de contribution irréaliste était attendu de l'agriculture, cela aurait pour conséquence directe une réduction du niveau de production agricole, en particulier dans le secteur de l'élevage ». La France a été soutenue dans cette prise de position par l'Irlande, l'Allemagne, la Finlande, l'Espagne, la Roumanie, l'Italie, le Danemark et le Luxembourg. Des méthodologies d'évaluation des émissions de GES spécifiques à l'agriculture devraient donc être développées, demandent ces États membres.

Quel rôle pour l'agriculture dans la Stratégie 2020 ?

LES ministres de l'agriculture des Vingt-huit étaient invités, le 13 octobre, à échanger sur la contribution du secteur agricole à la Stratégie 2020 de l'UE, dans la perspective du Conseil Européen de décembre qui doit établir une révision à mi parcours de cette stratégie lancée en 2010 (1). Les zones rurales qui représentent 70 % de l'espace européen et regroupent 300 millions (soit plus de la moitié) d'Européens, ont un rôle majeur à jouer. Certains pays (Irlande, Pologne, République tchèque, Slovaquie…) ont estimé que cette stratégie UE 2020 ne laissait pas assez de latitude aux pays pour atteindre leurs objectifs. La France a souligné que plutôt d'envisager une révision, il faudrait s'attacher à la mise en œuvre des objectifs fixés. Surtout que l'on ne peut pas voir encore les retombées de la nouvelle réforme de la Pac. Un point de vue que semble partager le commissaire européen Dacian Ciolos : « Nous étions encore loin des certains objectifs fixés: C'est aussi pour cela que la réforme de la Pac était nécessaire. C'est maintenant chose faite. Cette nouvelle Pac intègre des instruments qui vont nous permettre d'attendre plus efficacement les objectifs de la Stratégie Europe 2020 ». Plusieurs pays (Pays-Bas, Autriche, Finlande, Roumanie) ainsi que la présidence italienne ont d'ailleurs insisté sur le besoin d'outils pour aider les jeunes agriculteurs à s'installer (un autre des objectifs de la réforme). Enfin, l'Allemagne a souligné l'importance du rôle du second pilier de la Pac (développement rural) pour réaliser les objectifs de la stratégie UE 2020.

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Les chefs d'État et de gouvernement doivent trouver un accord, le 23 octobre à l'occasion d'un sommet à Bruxelles, sur le nouveau cadre européen climat-énergie qui prévoit une baisse de 40% des émissions de gaz à effet de serre à l'horizon 2030 (2) dont 30% de la part des secteur en dehors du système de quotas d'émissions de CO2.

(1) et (2) Voir n° 3466 du 13/10/2014