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Cop21 « L'agriculture intelligente » : une « fausse solution » selon six ONG

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Six organisations non gouvernementales dénoncent l'Alliance pour l'agriculture intelligente (Gacsa) comme une fausse solution au réchauffement climatique. Elles ont signé un appel pour intégrer la sécurité alimentaire aux négociations de l'Accord de Paris sur le climat, et en exclure le Gacsa.

Six organisations non gouvernementales (Acting for life, Action contre la fain, Care, CCFD-Terre solidaire, le Secours catholique et Réseau climat développement) ont signé, le 26 mai à Paris, un appel lancé aux pays participant à la conférence des Nations unies sur le changement climatique (Cop21), à partir du 30 novembre, les invitant à intégrer la lutte pour la sécurité alimentaire et nutritionnelle dans les négociations. Ils demandent en outre que soient accrus les financements publics alloués à l'adaptation au changement climatique, et que soient créés, pour les populations les plus vulnérables au changement climatique, des mécanismes de réparation des pertes et dommages. « Les impacts des changements climatiques sur la séquestration sont d'une dramatique évidence. 600 millions de personnes supplémentaires risquent de souffrir de la faim d'ici 2080 à cause du changement climatique », explique le délégué général du CCFD-Terre solidaire, Bernard Pinaud. Interpellant le ministre de l'Agriculture français Stéphane Le Foll présent lors de la signature de l'appel, Bernard Pinaud a demandé que la France cesse de soutenir l'Alliance mondiale pour l'agriculture intelligente face au climat (Gacsa), qualifiée de « fausse solution », face au changement climatique. « La France est incohérente. Elle soutient dans ses discours l'agriculture familiale et paysanne, et soutient de l'autre côté le modèle industriel avec le Gacsa », juge Bernard Pinaud. Les ONG reprochent notamment au Gacsa de ne pas donner une définition suffisamment précise du concept d'« agriculture intelligente », et craignent qu'elle n'intègre des techniques comme les OGM. Elles pointent notamment les membres du Gacsa, parmi lesquels Syngenta ou McDonald's, comme des promoteurs d'une agriculture industrielle. « Le Gacsa risque de renforcer le modèle agro-industriel à grande échelle, principal contributeur des gaz à effets de serre dans le secteur », argumente Bernard Pinaud.

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Cop21 : pour S. Le Foll, l'agriculture peut intéresser certains pays à un accord

« L'Agriculture a une capacité à mobiliser des pays qui ne seraient pas intéressés par un accord », a lancé le ministre de l'Agriculture, Stéphane Le Foll, lors d'une conférence intitulée « La faim, l'autre visage du changement climatique », à Paris, le 27 mai. « Pour intéresser des pays qui ont besoin de reconstituer la qualité de leurs sols, nous voulons faire le lien entre sécurité alimentaire et changement climatique », a-t-il poursuivi. Pour le ministre, la promotion de certaines techniques culturales peut permettre simultanément la réduction des gaz à effet de serre dans l'atmosphère et la reconstitution de la fertilité des sols. Prenant l'exemple de l'Inde, il explique : « Pour intéresser un pays comme l'Inde, il est important de positiver les négociations, d'apporter des éléments positifs comme 'capter le carbone, c'est reconquérir la qualité des sols ».