Les objectifs européens de réduction des gaz à effet de serre constituent un motif d’inquiétude pour l’agriculture irlandaise. Dans un document remis aux Vingt-sept, l’Irlande souligne les dangers d’une approche trop contraignante pour son élevage bovin. Les mesures de lutte contre le changement climatique, selon elle, doivent s’accompagner de davantage de flexibilité.
Dans un document qui sera examiné fin septembre par les ministres de l’agriculture de l’UE, l’Irlande apporte son soutien aux objectifs de lutte contre le changement climatique qui ont été arrêtés au printemps 2007 par le Conseil européen. Toutefois, cet Etat membre souligne qu’il est important d’aborder ces questions de manière pragmatique en tenant compte des différents objectifs poursuivis sur les plans agricole et alimentaire.
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Les objectifs globaux de réduction de gaz à effet de serre assignés à l’Irlande ne pourront pas être atteints sans une effort important de réduction dans le domaine agricole. Les émissions dans le secteur agricole interviennent en effet pour 26,4 % des rejets totaux émis par l’Irlande, contre seulement 9 % pour l’ensemble de l’Union européenne. Très performante, l’agriculture irlandaise dispose d’une marge de manœuvre très réduite en termes de réduction des émissions de gaz à effet de serres dans le secteur agricole. Ce taux est évalué à pas plus de 3 % par les experts. Selon eux, une réduction supplémentaire de 3 % pourrait être réalisée via le régime d’échanges d’émissions entre les Etats membres (crédits carbone). « Ces prévisions, est-il indiqué dans le document, montrent le défi auquel l’Irlande est confrontée ». « Sans davantage de souplesse, des réductions significatives des émissions de gaz à effet de serre résultant de l’activité agricole ne pourront être réalisées que par d’importantes diminutions des animaux d’élevage », s’inquiétent les Irlandais. Toute baisse du cheptel en Europe sera compensée par une extension de l’élevage dans d’autres régions du monde où l’emprunte carbone sera plus élevée (production moins performante et déforestation). L’Irlande demande donc une application souple du dispositif de lutte contre ce type de pollution, comme la fixation d’objectifs pluri-annuels (au lieu d’annuels), une interdépendance entre les divers secteurs soumis au régime d’échanges d’émissions et ceux qui ne le sont pas comme l’agriculture ainsi que la possibilité de procéder à certains échanges entre les Etats membres.