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Sébastien Genest, président de France Nature Environnement (FNE) « L’agriculture n’a pas encore fait sa révolution environnementale »

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France Nature Environnement, la fédération qui rassemble dans l’hexagone près de 3 000 associations de protection de la nature, a depuis le mois de décembre un nouveau président, Sébastien Genest. Dans cette interview, celui-ci se dit prêt à « briser la glace » avec le monde agricole afin de travailler de manière « constructive » sur les dossiers environnementaux.

A 35 ans vous êtes le plus jeune président de l’histoire de France Nature Environnement. Ce changement de génération à la tête de votre fédération est-il annonciateur d’un changement de politique ?

Il ne faut pas voir les choses de cette manière. Peu importe l’âge, le principal ce sont les objectifs que nous nous fixons. Avoir des idées, de l’enthousiasme, vouloir travailler et progresser, faire partager nos idées à nos partenaires et construire un projet de société, voilà notre état d’esprit global.

Quel regard portez-vous sur le monde agricole ? Et quelle politique entendez-vous mener vis-à-vis de l’agriculture ?

Le constat que je dresse est le suivant : en matière d’environnement, l’agriculture est dans une situation délicate sur de nombreux aspects. On connaît le modèle agricole mis en place en France au cours des dernières décennies et les situations de blocage – et de confrontation – auxquelles cela a mené avec la société, qu’il s’agisse de la qualité de l’eau, des paysages, ou de la qualité de aliments. C’est le résultat d’une politique d’une époque, pas suffisamment raisonnée. Je considère que l’agriculture n’a pas encore réalisé sa révolution environnementale, ou seulement pour partie. Il reste beaucoup de chemin à faire et nous sommes prêts, à FNE, à apporter notre contribution pour accompagner ce travail, dans un esprit de compréhension mutuelle. Tout comme nous avons réussi à briser la glace avec le monde forestier – avec qui nous commençons à travailler de manière constructive –, je souhaite que s’engage un débat avec le monde agricole. Ce débat est aujourd’hui trop partiel. Je constate également que les différentes parties prenantes du monde agricole se cherchent encore en terme d’objectifs, pour ce qui concerne les questions d’environnement. J’ai l’impression que les positions des syndicats agricoles ne sont pas stabilisées et qu’il existe encore pas mal de confusion. Que veut-on et qu’attend-on de l’agriculture pour demain ? C’est la vraie question que l’on doit se poser. En tant que nouveau président de FNE, je ferai un certain nombre de propositions d’ici la fin du 1er semestre, notamment dans le cadre de la discussion des projets de loi sur l’eau et sur la modernisation agricole.

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Quelles sont vos priorités pour 2005 et les années à venir ?

Tout d’abord travailler en interne de manière transversale. Nous avons aujourd’hui un bon niveau d’analyse et de compétence sur les dossiers sectoriels (eau, forêt, agriculture, faune sauvage, transport... ndlr) et j’aimerais qu’on réussisse – en les confrontant entre eux – à formuler de manière globale des propositions pour participer davantage aux débats sur l’aménagement du territoire. Il est également important pour nous de prendre davantage part aux débats internationaux sur les dossiers environnementaux.