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Organisation mondiale du travail L'agriculture, premier employeur mondial d'enfants

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L'Organisation des Nations unies a lancé le 12 juin la Journée mondiale 2014 contre le travail des enfants. L'agriculture reste un des premiers employeurs de ces derniers.

«DANS le monde, 60% de tous les enfants âgés de 5 à 17 ans qui travaillent le font dans l'agriculture », selon l'Organisation internationale du travail (OIT). L'Organisation des Nations unies a lancé le 12 juin la Journée mondiale 2014 contre le travail des enfants. Selon l'OIT, les causes de ce chiffre alarmant sont très diverses : pauvreté, accès limité à l'éducation, technologies agricoles inadéquates, attitudes traditionnelles… C'est aussi ce que relève l'IPEC (programme international pour l'abolition du travail des enfants) dans un rapport d'activités pour la période 2012-2013 publié en mai 2014. « L'agriculture est le secteur dans lequel les progrès dans l'élimination du travail des enfants ont été les plus lents », lit-on dans le rapport. Les efforts consentis doivent donc être intensifiés. L'OIT s'est fixée l'année 2016 « comme limite pour l'éradication des pires formes de travail des enfants ».

Les organisations internationales, dont la FAO (Organisation des Nations unies pour l'agriculture et l'alimentation), rappellent que l'agriculture est spécifique. « Une certaine participation des enfants à des activités non dangereuses peut être positive puisqu'elle favorise le transfert des compétences de génération en génération », explique la FAO, aussi à l'initiative de l'année 2014, année internationale de l'agriculture familiale. Toute la difficulté réside en cela : identifier la limite entre « participation à certaines activités agricoles » et « travail des enfants ». Alors que la première « ne nuit pas à l'enfant », le second, lui, « interfère avec la scolarité obligatoire et peut mettre en danger la santé et le développement physique et mental de l'enfant ».

Les sénateurs proposent de ne pas rémunérer les stagiaires de plus de deux mois en agriculture

LE Sénat a accepté un amendement du gouvernement, dans la version définitive de la proposition de loi encadrant les stages des étudiants, permettant dès septembre 2014 aux employeurs du monde agricole de ne pas indemniser des stages supérieurs à deux mois. En effet, a expliqué la secrétaire d'Etat à l'Enseignement supérieur Geneviève Fioraso, les stages inclus dans la scolarité dispensée par les maisons familiales rurales varient entre 18 et 20 semaines. Dans les autres secteurs, le texte prévoit une augmentation, d'ici septembre 2015, de la rémunération des stages dépassant deux mois. Il doit maintenant être voté par l'Assemblée nationale, à une date non encore fixée, pour être adopté définitivement.

La spécificité agricole a poussé à la création d'une initiative globale en 2007 : le Partenariat international de coopération sur le travail des enfants dans l'agriculture (IPEC) (1). Des actions nationales ont d'ores et déjà été menées à l'initiative de l'IPEC au Mali, au Malawi et au Cambodge. Elles consistaient à soutenir les collaborations entre les acteurs du monde du travail et les acteurs du monde agricole.

(1) Membres de l'IPEC : Organisation internationale du travail, organisation des nation unies pour l'alimentation et l'agriculture, le fonds international de développement agricole, l'institut international de recherchesur le spolitiques laimentaires du groupe consultatif pour la recherche agricole internationale, la fédération internationale des producteursagricole et l'union internationale des travailleurs de l'alimentation, de l'agriculture, de l'hôtellerie-restauration, du catering, du tabac et des branches connexes (UITA)