«Le moteur de l’économie brésilienne. » C’est ainsi que les économistes et les membres du gouvernement Lula présentent l’agriculture. Beaucoup font observer que grâce à la vigueur de ce secteur, qui suit une trajectoire ascendante, le Brésil a échappé à une grave récession, l’an dernier, quand son PIB a régressé de 0,2 %.
Les Brésiliens considèrent leur agrobusiness comme une source de revenus croissants et une opportunité en or pour affirmer l’émergence de leur nation sur la scène mondiale.
Les chiffres parlent d’eux-mêmes : l’agrobusiness correspond à un tiers du PIB (mais il n ‘attirerait encore que 10 % des investissements étrangers, selon certaines estimations), fournit 37 % des emplois et contribue aux exportations à raison de 42 %. Obsédés par la contrainte de parvenir à un excédent primaire toujours plus élevé de leurs comptes publics, les Brésiliens veulent tonifier leurs ventes à l’étranger. Ils se réjouissent de voir que les consommateurs du monde entier sont toujours plus avides de leurs produits agricoles : de juillet 2003 à juillet 2004, les exportations du secteur agroalimentaire ont généré des devises pour environ 35 milliards de dollars.
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Les Brésiliens « cultivent » le rêve de devenir une grande puissance verte. Dans plusieurs segments, le Brésil rafle déjà la première place au classement des producteurs mondiaux : canne à sucre, oranges, café, manioc, papayes, fruits de la passion. Second producteur de soja, derrière les Etats-Unis, ce pays est déjà le 3e pour le maïs, devancé par les Etats-Unis et la Chine.
Il est le 8e producteur de coton.
Pour consolider leur leadership agricole, les Brésiliens disposent d’un atout unique, que bien des pays leur envient : un territoire immense. « Nous avons 62 millions d’hectares cultivés et 150 millions d’hectares constitués de pâturages, a coutume d’expliquer le ministre de l’Agriculture, Roberto Rodrigues. Compte tenu des efforts de productivité entrepris dans le secteur de l’élevage, nous parviendrons à convertir toute une partie des pâturages en terres vouées à d’autres cultures. Ces prochaines années, 30 millions d’hectares s’ajouteront ainsi aux 62 millions d’hectares (évoqués ci-dessus). » Selon Roberto Rodrigues, le Brésil est à même de doubler sa production de céréales et légumineuses au cours des 15 prochaines années.