Après l’agroécologie, c’est au tour de l’agriculture urbaine de faire parler d’elle dans l’enseignement agricole. Le secteur privé invite à une réflexion sur une spécialisation agriculture urbaine dans les programmes scolaires, a-t-on appris lors du congrès annuel du Conseil national de l’enseignement agricole privé à Paris, le 19 mai.
« Avec la vague verte, tout un tas de métiers s’ouvrent pour les jeunes », explique Philippe Poussin, secrétaire général du Cneap en marge de son congrès annuel à Paris le 19 mai. L’évolution du métier d’agriculteur est en train de gagner l’enseignement. Dans le public, le ministre de l’Agriculture avait déjà lancé son programme Enseigner à produire autrement qui s’inscrit dans le projet agroécologique du ministère et dans les programmes d’enseignement des lycées agricoles (1). Pour le privé, l’idée reste de « mieux préparer le jeune à entrer sur le marché du travail ». Philippe Poussin pose un regard très optimiste sur l’agriculture urbaine. « L’urbanisation augmente et gagne sur les terres agricoles. Il y a quelque chose à faire dans l’enseignement sur l’agriculture urbaine ». Dans les zones urbaines, il y aura besoin de personnes ayant des connaissances de l’agriculture urbaine. « On pourrait davantage travailler sur les circuits courts », ajoute-t-il. Pour Philippe Poussin, la dualité ville-campagne n’est plus aussi marquée qu’il y a quelques années. « Ce sont les élèves qui nous provoquent sur des sujets comme l’agriculture urbaine, développe-t-il. Ils sont complètement baignés là-dedans. »
De plus en plus d’élèves urbains
Cette tendance devrait se poursuivre. « Nos élèves sont de moins en moins des enfants d’agriculteurs, explique Philippe Poussin. Ce sont des non-agricoles ou des urbains. » Dans ce contexte, l’enseignement agricole public et privé doit s’adapter. Philippe Poussin rappelle que l’évolution des métiers doit être prise en compte dans les enseignements dispensés aux lycéens. « Nous nous sommes rapprochés des organisations professionnelles agricoles (FNSEA, Conf', Fnab, chambres d’agriculture) », explique-t-il. Ainsi, on peut identifier les pratiques professionnelles à intégrer dans les méthodes d’enseignement. Pour l’heure, le Cneap se félicite de son modèle avec un taux d’insertion professionnelle de 90 % six mois après l’obtention d’un diplôme.
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(1) Lire, dans Agra Presse Hebdo du 8 septembre 2014, le reportage « L’agroécologie sur les bancs de l’école »
L’enseignement agricole privé satisfait après l’annonce de reconduction de la dotation annuelle pour 2017
« Dans le contexte de restriction des budgets, nous sommes satisfaits de l’annonce du ministre de l’Agriculture », a déclaré Philippe Poussin, secrétaire général du Conseil national de l’enseignement agricole privé (Cneap), à Paris le 19 mai. Peu avant, Stéphane Le Foll avait annoncé lors du congrès annuel du Cneap que « les négociations sont en cours », mais « un avenant au contrat de dotation annuelle devrait être signé avant l’été ». Le contrat en cours dote le Cneap de 127 millions d’euros chaque année depuis 2013 pour financer une partie du fonctionnement des établissements du privé. Il prend fin en décembre 2016. L’avenant doit prolonger cette dotation jusqu’en 2017.