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Agrofinance L’agroalimentaire affirme sa stratégie face au nouveau contexte mondial

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Avoir une ambition mondiale tout en s’adaptant aux contextes locaux : telle est l’ambition de l’industrie agroalimentaire qui s’est exprimée à l’occasion de la rencontre Agrofinance organisée par Agra Alimentation et l’association Agrofood, le 26 novembre à Paris. Un bon nombre d’entreprises se sont exprimées, décrivant les leviers stratégiques qui doivent être mis en œuvre dans un contexte nouveau (volatilité des matières premières, pressions sociétales, turbulences financières, etc.). Venu conclure les travaux, le ministre de l’Agriculture et de l’Agroalimentaire Stéphane Le Foll a incité les industriels présents à relever le défi de la production de niche et des productions de masse. Il a aussi relevé le risque de voir la France « devenir le grenier à blé de l’Europe ».

 

Deux types de stratégies étaient présentés avec toutes leurs conséquences au rendez-vous Agrofinance du 26 novembre organisé par Agra Alimentation : une stratégie très mondiale, visant à nourrir la planète à coût le plus compétitif possible. Stratégie personnifiée par Karl-Heinz Kiesel, vice-président du géant mondial de la charcuterie Campofrio, qui n’hésitait pas à provoquer le public, affirmant qu’il étudiait la possibilité d’importer en Europe des viandes d’Amérique du Sud, viandes qui seraient alors adaptées aux marchés locaux. L’autre stratégie vise à servir avant tout le marché national en apportant une assurance qualité des produits et en répondant aux demandes sociétales (écologie, bien-être animal, etc.). Concluant la rencontre, le ministre de l’Agriculture et de l’Agroalimentaire, Stéphane Le Foll se disait persuadé que les Français devaient et pouvaient, « avec leur modèle d’alimentation », être prêts aux deux stratégies : « Le défi, c’est d’être capable de répondre aux niches et aux productions de masse », affirmait-il.

« La France ne doit pas devenir le grenier à blé de l’Europe »

Pour Stéphane Le Foll, l’atout de la France réside dans le modèle d’alimentation qu’elle défend. C’est grâce à cela qu’elle peut proposer des produits de niche mais aussi de masse. Mais il faut pour cela préserver la diversité de son agriculture. « Le pire, ce serait d’aller à la spécialisation agricole des pays membres de l’Europe », dit-il. Et dans ce contexte, la France ne doit pas devenir le grenier à blé de l’Europe ». La raison : ce sont les filières de produits carnés qui apportent plus que d’autres de la valeur ajoutée et de l’emploi. « Il ne faut pas perdre des positions en élevage », insiste-t-il.
Ce risque existe pourtant bel et bien, principalement en raison de la volatilité des prix, « une vraie question ». Et Stéphane Le Foll d’insister sur le fait que la France tente d’inciter les grands pays producteurs à se concerter et même à coopérer en matière agricole pour avoir une meilleure visibilité. Autre objectif, lutter contre la spéculation pour éviter d’avoir une amplification de la volatilité des cours. La lutte pour cette reconquête des positions de l’agroalimentaire et de l’agriculture française passe aussi, très largement, par leur capacité d’investissement. Il y a une épargne mobilisable en France et c’est notamment pour cela qu’a été créée la Banque publique d’investissement. Sera fléchée de manière spécifique une partie des financements liés à l’agroalimentaire. « Il faut faire remonter les besoins de l’agroalimentaire pour être en capacité d’aller chercher cet argent afin d’investir » lançait le ministre de l’Agroalimentaire : «  Il faut qu’on aille vite ».

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