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Financement L‘agroalimentaire a décroché 26,6 M EUR d’aide à l’innovation

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38 % de plus pour l’agroalimentaire. C’est ce que l’aide à l’innovation versée par Oséo a apporté au secteur en 2006, grâce à un budget global de cet organisme qui avait été augmenté de 21 %. Les PME de l’industrie alimentaire ont été les grandes bénéficiaires de ces soutiens et le mouvement a toute chance de se prolonger cette année avec l’ouverture, à coté des avances remboursables classiques, de subventions issues d’une ligne nouvelle du ministère de l’Agriculture.

L’innovation dans le secteur agroalimentaire a obtenu beaucoup plus de soutien financier l’an passé. Grâce à une dotation plus généreuse que par le passé décidée par le précédent gouvernement en faveur d’Oséo, l’établissement qui résulte de la fusion de l’Anvar et de la BDPME, ce sont 350 projets innovants qui ont été aidés en provenance des secteurs agricoles et des industries alimentaires ou de leurs fournisseurs équipementiers et prestataires.

Ces dossiers, légèrement plus nombreux qu’en 2005 (304), ont bénéficié de 26,6 millions d’euros, le plus souvent sous forme d’avances remboursables en cas de succès. C’est 38 % de plus que l’année d’avant (19,3 M EUR), qui déjà surpassait la moyenne de ces dernières années (18 M EUR).

A côté de ces aides à l’innovation, figuraient aussi des aides au recrutement ou au conseil, le tout représentant 9 % des fonds versés par Oséo au titre de l’innovation aux différents secteurs industriels.

Mieux que la pharmacie

Pour la première fois, l’agroalimentaire se trouve en tête des secteurs « sciences de la vie », passant devant la pharmacie, l’équipement médical et l’environnement, commente Ariane Voyatzakis, chargée du secteur agroalimentaire au sein d’Oséo. Sa particularité est bien sûr de présenter des dossiers de moindre importance, de l’ordre de 400 000 euros, qui sont donc en général financés à 50 % par Oséo.

Dans ce chapitre, les trois quarts des projets et des fonds alloués sont allés à l’industrie alimentaire ou à ses fournisseurs d’ingrédients, d’équipements et d’emballages, la part de l’amont agricole n’étant plus que d’un quart contre un tiers auparavant.

Fait nouveau, la mise en place des pôles de compétitivité (une quinzaine touchant de près ou de loin à l’agroalimentaire) a joué un grand rôle dans le dispositif puisque un grand nombre de dossiers sont passés par le filtre de leur comité de labellisation : dans l’enveloppe de 26,6 M EUR allouée au secteur, l’aide à ces projets a atteint 16,8 M, soit 20 % de l’engagement total d’Oséo en faveur des pôles de compétitivité.

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Beaucoup de projets en diététique

Dans l’industrie agroalimentaire, le sous-secteur des céréales transformées a bénéficié du plus important budget d’aide (près de 3,5 M EUR pour 14 dossiers) avec des projets concernant notamment la décontamination des graines et farines, ceci au moment où la nouvelle réglementation communautaire sur l’hygiène entrait en application. Le domaine de la diététique, lui, est arrivé en tête en nombre de dossiers (1,4 M EUR pour 28 dossiers), suivi du secteur des boissons et de la boulangerie-pâtisserie). Par exemple, l’édition 2006 du concours de création d’entreprise organisé par le ministère de la Recherche en partenariat avec Oséo a récompensé le projet Nutritis, qui consiste à développer une méthode innovante d’extraction des sucres de fruits à base de technologies sans solvant nocif pour produire des sucres fonctionnels riches en fructose.

Dans certains secteurs, Oséo note la présence de vraies innovations de rupture, ainsi dans les PAI, les céréales transformées, le sucre, les produits laitiers, l’alimentation des animaux et dans le domaine des instruments de mesure-contrôle.

Même si les procédures Oséo sont ouvertes aux entreprises moyennes voire à des filiales de groupes – quand leurs effectifs ne dépassent pas 2000 salariés –, 80 % des entreprises agroalimentaires aidées pour leurs innovations sont des PME, employant moins de 50 salariés. Les entreprises innovantes du secteur sont pour la plupart en phase de développement, la moitié ayant moins de dix ans d’âge. Et Oséo a même soutenu 30 créations d’entreprises agroalimentaires en 2006.

Conformément à l’esprit des pôles de compétitivité, les projets retenus font, dans la moitié des cas, appel à des collaborations de recherche avec des centres techniques, en particulier de l’Actia, ou avec des laboratoires académiques.

1,3 M EUR du ministère de l’Agriculture

Après cette année faste pour l’innovation agroalimentaire, on estime chez Oséo que le mouvement devrait se poursuivre en 2007 : les guichets sont largement ouverts et le secteur est riche de potentialités. Un autre motif pour les industries alimentaires de venir frapper à la porte de l’établissement, c’est l’ouverture par le ministère de l’Agriculture d’une ligne de 1,3 million d’euros confiée à Oséo pour renforcer le soutien aux PME. Prévue depuis longtemps dans le cadre du PNDIAA, cette procédure qui suppose une étroite collaboration entre les échelons régionaux d’Oséo et les services du ministère de l’Agriculture a été formalisée dans une convention signée seulement en décembre dernier. A la différence de l’aide à l’innovation, qui est remboursable, cette enveloppe permet l’octroi de subventions et pourrait bénéficier à une quarantaine d’entreprises d’ici la fin de l’année : à ce jour, une quinzaine de dossiers sont déjà retenus.