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Libre-échange UE/Japon L’agroalimentaire européen réclame un accord « ambitieux » avec le Japon

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À l’occasion d’un sommet UE/Japon qui s’est tenu à Tokyo, les organisations représentant la chaîne agroalimentaire européenne ont réaffirmé l’importance, pour leurs secteurs, de l’accord de libre-échange en cours de négociation entre les deux parties. Selon elles, seul un accord global et « ambitieux » peut permettre de s’attaquer à la fois aux barrières tarifaires et aux obstacles réglementaires.

Le sommet UE/Japon, qui s’est tenu le 19 novembre à Tokyo, a souligné « l’importance de progrès continus dans les négociations en cours pour un accord de partenariat stratégique complet et un accord de partenariat économique et de libre-échange », qui ont été lancées en avril dernier (1). Les deux parties ont « réitéré leur engagement de parvenir à la conclusion le plus tôt possible de ces deux accords » et demandé aux ministres et aux commissaires européens d’accélérer les pourparlers. Dans cette optique, les offres d’accès au marché devront être présentées « sans retard », de même que devra être traitée la question des mesures non tarifaires.
L’UE et le Japon ont également assuré qu’ils « travailleraient ensemble pour parvenir à des résultats positifs, lors de la 9e Conférence ministérielle de l’OMC à Bali, sur « la facilitation des échanges, l’agriculture et le développement, y compris les sujets de préoccupations pour les pays les moins avancés », afin d’« assurer la crédibilité de l’OMC ».
 
Un « bilan d’étape » en avril
« Cela fait six mois que le Japon et l’UE ont accompli l’avancée majeure de lancer des négociations pour un ambitieux accord de libre-échange », a rappelé le président du Conseil européen, Herman Van Rompuy, lors d’une conférence de presse conjointe avec le premier ministre japonais, Shinzo Abe, et le président de la Commission de Bruxelles, José Manuel Barroso.
« Si nous sommes satisfaits des progrès accomplis jusqu’à présent, nous reconnaissons aussi qu’il reste un chemin considérable à parcourir et que le temps presse, a-t-il cependant ajouté. Pour cette raison, nous avons ordonné à nos ministres et commissaires de faire en sorte que des progrès importants soient réalisés avant le bilan d’étape formel de la négociation de libre-échange prévu dans l’UE au mois d’avril 2014 ». « Nous voulons ensemble viser un accord économique complet et de haut niveau », a déclaré pour sa part Shinzo Abe, soulignant que « le Japon et l’UE ont réitéré leur engagement de conclure rapidement ».
L’UE insiste sur l’importance de la levée des barrières non tarifaires japonaises qui, au nombre de 31 selon elle, touchent plusieurs secteurs, les produits alimentaires entre autres.
 
Une augmentation des exportations pouvant atteindre 200 %
Les organisations européennes représentant l’industrie agro-alimentaire (FoodDrinkEurope), les organisations et coopératives agricoles (Copa-Cogeca) et le commerce (CELCAA) soulignent, dans une déclaration conjointe datée du 14 novembre, que « les consommateurs japonais sont de plus en plus ouverts à la nourriture non traditionnelle, dont l’approvisionnement ne peut être assuré de façon suffisante par la production locale ». Mais, ajoutent-elles, les producteurs de l’UE « ne peuvent pas exploiter totalement cette opportunité, à moins que soient éliminées les barrières aux échanges existantes ».
Un accord de libre-échange « ambitieux » pourrait permettre une augmentation pouvant atteindre 200 % des exportations de produits agricoles transformés de l’UE vers le Japon si, à la fois, les droits de douane et les mesures non tarifaires étaient abolies, font valoir les trois organisations, se référant à une étude d’impact réalisée en 2012 par la Commission de Bruxelles. Selon elles, un accord commercial « global » est « le seul moyen d’atteindre ce double objectif », à savoir le démantèlement des barrières tarifaires et réglementaires.
 
L’exemple de la Corée
Le Japon est le 5e marché d’exportation pour les produits agricoles et alimentaires de l’UE, pour un total de 4,7 milliards €, soulignent également FoodDrinkEurope, le Copa-Cogeca et le CELCAA. Et, « si les producteurs de l’UE ne peuvent pas répondre aux changements de consommation du pays à cause des barrières aux échanges existantes, ce marché potentiel sera définitivement perdu au profit d’autres grands exportateurs agroalimentaires ». Les trois organisations se réfèrent à ce propos à un rapport publié par la Commission pour le premier anniversaire de l’accord avec la Corée, selon lequel les exportations européennes de porc (produit selon des normes élevées) vers ce pays ont progressé de quelque 120 % au cours des neuf premiers mois de mise en œuvre (2), tandis que celles de produits laitiers ont pratiquement doublé. « Il s’agit juste de deux exemples », conclut la déclaration conjointe : « Un accord préférentiel UE/Japon pourrait générer des résultats similaires non seulement pour ces secteurs, mais aussi pour les producteurs européens d’huile d’olive et de vin, de confiseries et de nombreuses autres denrées alimentaires ».
 
(1) Voir n° 3392 du 01/04/13
(2) Voir n° 3362-63 03/09/12

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