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Salon agroalimentaire/export L’agroalimentaire français doit retrouver sa position à l’export

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À l’occasion du Sial, la question des positions des entreprises de l’agroalimentaire français à l’international est revenue sur le devant de la scène. L’Ania, qui estime que c’est aux entreprises et aux pouvoirs publics « de changer la donne » collectivement, a réitéré quelques grands principes de réussite.

À l’occasion du Salon international de l’alimentation (SIAL), véritable vitrine de l’alimentation mondiale, l’Ania a résolument mis l’accent sur l’export des entreprises françaises. Tout en présentant plusieurs success stories à l’international à l’occasion d’un petit-déjeuner de presse le 17 octobre, Jean-Philippe Girard, le patron de l’Ania, a aussi tiré la sonnette d’alarme sur l’érosion de la position de la France à l’export. Pilier de l’économie française avec plus de 170 milliards d’euros de chiffre d’affaires, le secteur agroalimentaire, troisième contributeur à la balance commerciale française (derrière l’aéronautique et la chimie), a perdu de sa puissance à l’internationale. En douze ans, la France est ainsi passée de la seconde à la quatrième place mondiale des exportateurs de produits alimentaires transformés, derrière les États-Unis, les Pays-Bas et l’Allemagne. Et le solde commercial de l’agroalimentaire français, excédentaire de 8,1 milliards d’euros en 2015 « pourrait perdre 1,3 milliard en 2016 », selon les estimations de l’association, soit son plus bas niveau depuis 2010. Constatant "une prise de conscience depuis deux ans pour rassembler les forces (clarification des missions de Business France et Sopexa, NDLR) et développer la diplomatie économique (sous l’impulsion de Matthias Fekl, NDLR) », Michel Nalet, président de la commission export à l’Ania, a quant à lui rappelé « la nécessité de travailler sur la durée". Mais en dépit des réussites incontestables d’entreprises françaises à l’international, il reste encore du chemin à faire pour favoriser le développement hors de nos frontières pour nombre d’entres elles.

Pour Jean-Philippe Girard, c’est aux entreprises et aux pouvoirs publics « de changer la donne » collectivement. Et ce dernier de citer différentes pistes pour y arriver. Partant du principe que l’agroalimentaire est « un levier de développement pour la France », il faut selon lui faciliter les démarches à l’export « en poursuivant les actions de diplomatie économique », ne plus considérer « l’industrie alimentaire comme un guichet fiscal pour venir combler les déficits de l’Etat par de nouvelles taxes » et surtout arrêter d’alourdir les entreprises « de coûts, de normes et de contraintes franco-françaises ». Evoquant la sortie de la Grande-Bretagne de l’Europe et la nécessité de trouver un accord dans les prochains mois, Michel Nallet, a de son côté insisté sur « l’importance d’avoir le gouvernement à nos côtés pour ne pas revenir des années en arrière avec des barrières douanières ».

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Pour faciliter les démarches des entreprises à l’export, l’Ania a également mis en avant sa démarche « Réussir ensemble à l’international » où de grands groupes apportent leurs conseils et autres bonnes pratiques à de plus petites entités. Jean-Philippe Girard a également réitéré l’importance de l’innovation produit et de la créativité alimentaire, rappelant « que 70 % des entreprises exportatrices innovent » et que "réussir à l’export relance l’activité en France ».

La veille, Stéphane Le Foll, comme il l’avait déjà exposé le 13 octobre lors de la journée export à Business France, est revenu sur l’idée d’un plan stratégique à l’export. Le ministre de l’Agriculture a ainsi indiqué lors de son discours au Sial qu’il proposerait « à la fin de l’année un Plan Stratégique à l’exportation reposant sur trois grands axes opérationnels : regagner notre place sur le Marché Européen à la lumière en particulier des conséquences du Brexit, organiser l’accompagnement de nos entreprises hors de l’Europe autour de plateformes internationales d’appui aux entreprises et faire en sorte que tout marché obtenu soit pérennisé ».