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Région L’agroalimentaire francilien cerne ses priorités

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Comme les autres, la région Ile-de-France vient de réunir des assises de l’industrie alimentaire. Dans la plupart des capitales régionales, en effet, se tiennent depuis la mi-février et encore jusqu’à la fin mars de telles assises, comme l’avait demandé Michel Barnier aux préfets à la fin de 2008. Le 24 mars, le ministre de l’Agriculture prévoit d’ailleurs une journée de synthèse de ces travaux qui aura lieu à Rungis. Le tout devant servir à faire remonter les priorités nationales au groupe de haut niveau sur la compétitivité des IAA institué au plan communautaire.

L’Ile-de-France a tenu, à l’instar des autres régions, ses propres assises de l’industrie alimentaire le 27 février à l’Hôtel de Région. Des échanges approfondis ont eu lieu entre l’administration, les structures d’appui et les industriels regroupés dans l’ARIA qui serviront à nourrir le questionnaire national et européen sur les freins à la compétitivité qu’a lancé la Commission européenne, la France devant faire ses propositions à la fin du printemps au groupe de haut niveau mis en place par la DG Entreprises à Bruxelles.

Quelques enseignements ont été tirés de cette journée par le directeur régional de l’alimentation et de l’agriculture : un des soucis majeurs des PME présentes est de pouvoir travailler avec des règles et des normes simplifiées. Il faudrait obtenir, selon Philippe Mauguin, « sinon une fusion du moins une convergence » entre les réglementations, les normes ISO et les certifications privées (IFS, BRC,…) qu’imposent la grande distribution et les groupes de restauration. Au chapitre des relations contractuelles, les simplifications attendues de la LME laissent encore à désirer, selon bien des intervenants.

Six types de conseils aux PME

Sur le plan proprement régional, la mobilisation en faveur des IAA a bien démarré, avec l’adoption en 2007 d’un plan en six points la DRIAAF, la DRIRE et la DRCE offrent des actions de conseil sur la nutrition, l’hygiène, la gestion de crise, le développement durable, la gestion des ressources humaines et le développement à l’export. Un budget pour des actions collectives suivies d’aides individuelles aux PME est déjà ouvert à hauteur de 205 K EUR à la DRIAAF et de 191 K EUR à la DRIRE, sans compter des interventions du Conseil régional pour les investissements matériels., mais qui doit trouver demain plus de traductions concrètes.

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Un point est presque acquis, c’est l’existence d’un « guichet unique » d’appui étant donné les liens étroits noués entre l’ARIA, les assemblées consulaires, le centre d’innovation et de promotion (CERVIA) et les administrations régionales. Le patron de la DRIAAF propose d’ailleurs de réunir les Fraudes et les services vétérinaires pour voir avec l’ARIA ce qui fait problème, qu’il s’agisse d’étiquetage, de sécurité alimentaire, etc. Il suggère des mises en réseau pour mutualiser les expériences (groupements d’employeurs pour partager une fonction qualité ou un spécialiste export). Et de nouvelles actions sur l’attractivité des métiers dans un secteur qui, malgré le regain du chômage, peine à recruter. Les professionnels sont invités aussi à préciser leurs besoins d’information (sur les aides, sur les compétences des labos), ou de plateformes d’essai et de pépinières d’entreprises (le pilote de GIA de Massy devant rejoindre Saclay à l’horizon 2015). Concernant l’offre alimentaire, la préfecture de région créera une commission régionale pour favoriser une alimentation saine et équilibrée notamment chez les jeunes et dans les populations démunies. Enfin un dossier reste à ouvrir sur la notion de marque « Ile-de-France » : s’il ne faut pas viser un signe de qualité, on peut jouer la fibre locale un peu à la façon du logo « Produit en Bretagne », comme l’a souhaité Ph. Mauguin.

Une région atypique

L’industrie alimentaire francilienne est pleine de paradoxes : au cœur d’un marché géant de 12 millions de consommateurs (sans compter le passage de 40 millions de touristes) qu’elle n’arrive pas à satisfaire et dont le pouvoir d’achat et la consommation hors domicile sont les plus élevés du pays (la région est même l’une des rares dont la balance extérieure soit déficitaire), cette industrie est plus qu’ailleurs faite de petites entreprises malgré la surreprésentation des sièges sociaux. Elle est aussi relativement déconnectée de la production agricole locale, une des plus riches de France mais dominée par de grandes cultures céréalières alors que la transformation est très diversifiée et surtout dominée par des PME de seconde et de troisième transformation : viandes élaborées, produits laitiers, confiserie-chocolaterie, boulangerie-pâtisserie, produits traiteur, boissons, ingrédients et PAI…

L’industrie alimentaire francilienne, au sens strict, ne regroupe ne regroupe que 604 établissements et 16 400 emplois, soit 4 % des effectifs nationaux. Mais si l’on agrège les secteurs clé que sont pour l’économie agroalimentaire de la région, le commerce de gros, la restauration, les traiteurs et l’artisanat alimentaire, le chiffre monte à 133 000 emplois (23 % des effectifs nationaux). Sa forte valeur ajoutée (3,3 milliards d’euros en 2007) en fait la première région française avec une part de 11 %, à quoi s’ajoute un aval composé de structures aussi exceptionnelles que le MIN de Rungis, premier marché mondial du frais, ou les grandes centrales et les groupements d’achats publics.