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Environnement L’agroforesterie compte sur la réforme de la Pac pour décoller

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Mêlant arbres et cultures alimentaires ou pâturages, l’agroforesterie peine encore à se développer faute de soutiens. Une mesure y est consacrée depuis 2007 dans le cadre du développement rural mais elle est peu utilisée par les États membres. La réforme de la Pac, avec notamment son volet verdissement, pourrait permettre le décollage de ce « nouveau » mode de culture.

L’agroforesterie (système agricole mêlant des arbres avec des cultures ou des prairies) est encore peu pratiquée en Europe mais compte sur la réforme de la Pac pour lui donner un coup de pouce. Lors d’une conférence organisée le 10 octobre au Parlement européen, chercheurs, agriculteurs et représentants des institutions européennes ont débattu des opportunités qui pouvaient s’ouvrir pour ce mode de culture encore jeune mais qui commence à apporter des preuves de son efficacité. Cette méthode permet « un saut qualitatif en termes de productivité », explique Christian Dupraz, agronome de l’Institut français de recherche agronomique (Inra) et président de la Fédération européenne d’agroforesterie. Par exemple, les parcelles associant peuplier et blé dur présentent des gains de productivité de 33% par rapport à des parcelles de bois et de blé cultivées séparément. Du point de vue environnemental également, les bénéfices sont importants : réduction des fuites de nitrates, stockage de carbone, augmentation de la biodiversité… « C’est rentable, assure le chercheur. Mais ce sont des revenus différés puisque le bois est récolté plusieurs dizaines d’années après la plantation ; c’est pourquoi il faut aider ceux qui veulent se lancer ».
 
Le verdissement comme tremplin
L’agroforesterie a été reconnue éligible aux aides de la Pac en 2006 et bénéficie depuis 2007 d’une mesure spécifique dans le cadre du 2e pilier. Quelque 19 programmes de développement rural sont actuellement en place dans sept États membres pour un budget total de 7 millions d’euros (plus de 3 700 bénéficiaires). Les propositions de réforme de la Commission européenne pourraient apporter quelques soutiens supplémentaires via le verdissement des aides notamment.
Les techniques d’implantation de parcelles agroforestières sont sur le point d’être labélisées. La première plantation de ce type aura lieu en France au mois de novembre. Ce dispositif pourrait permettre une reconnaissance dans le cadre du verdissement puisque la Commission européenne propose que certains programmes (publics ou privés) puissent être considérés comme « verts par définition » et ainsi bénéficier de 30% de soutien supplémentaires. Maria Benitez Salas, directrice « Durabilité et qualité de l’agriculture et du développement rural » à la direction générale de l’agriculture de la Commission européenne s’est voulu encourageante : « C’est une nouvelle approche de l’agriculture, encore peu connue. Ce sont vos pratiques de terrain qui, en prenant de l’ampleur, vont pousser les institutions européennes à prendre en compte ces systèmes de production ». Au-delà des aides publiques, elle a également souligné l’importance de la recherche et de la formation.

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