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Débat L’agronomie en quête d’une nouvelle identité

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A l’occasion de son assemblée générale le 27 mars, la toute jeune Association française d’agronomie (Afa), créée fin octobre 2008, s’est interrogée sur l’identité de l’agronomie et les ponts à construire avec le monde de l’écologie. Une remise en cause déclenchée entre autres par le Grenelle de l’environnement.

L’agronomie française se cherche. « Le point central, c’est la nécessité de concevoir un mariage avec l’écologie, qui remet en cause l’identité de l’agronomie », a indiqué Pierre Stengel, directeur scientifique Econat (Environnement, écosystèmes cultivés et naturels) à l’INRA, lors de l’assemblée générale de l’Association française d’agronomie (Afa), le 27 mars, à Paris. La nouvelle place de l’écologie et de l’environnement dans le débat public « donne à des gens qui viennent d’une autre culture que celle des ingénieurs agronomes le droit de venir faire de l’agronomie », a-t-il signalé. Le Grenelle de l’environnement n’est pas pour rien dans cette nouvelle structuration du débat. « L’objectif était de faire travailler ensemble des personnes qui n’ont pas cette habitude », a rappelé Claire Grisez, de la direction de l’eau et de la biodiversité au ministère de l’écologie. Selon elle, « le retour en arrière ne sera pas possible. Il faut une approche d’ensemble du système ».

Vers une agronomie du long terme, du risque et de l’incertain

Pour intégrer ces changements, Pierre Stengel estime qu’une nouvelle agronomie est à construire, celle « de l’espace et des territoires ». « La parcelle ne doit pas être l’objet central », a-t-il estimé, car « il faut faire une agronomie du long terme, du risque et de l’incertain ». Ce qui permettra notamment d’acquérir de meilleures connaissances sur la « résilience » des écosystèmes, soit leur capacité à faire face à une agression. Pour Pierre Stengel, « cela veut dire qu’en agronomie, nous avons besoin de construire un système d’acquisition partagée », qui se fonde notamment sur le repérage des pratiques innovantes chez les agriculteurs.

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Une chose est sûre : cette science a besoin d’être mieux identifiée pour continuer à exister. « Faire valoir l’agronomie au niveau du PCRD (Programme cadre de recherche et de développement), c’est très difficile », a par exemple remarqué Pascal Bergeret, de la direction générale de l’enseignement au ministère de l’Agriculture. Que ce soit au niveau de l’Agence nationale de la recherche ou de Bruxelles, l’agronomie n’est pas un secteur clairement identifié. Ce qui complique considérablement l’obtention de financements pour la recherche.