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CIIA/Sécurité alimentaire L’aide au développement doit aussi financer la collecte et la transformation

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La Commission Internationale des Industries Agricoles et Alimentaires (CIIA), qui est une organisation intergouvernementale présidée par Madagascar, prend position au lendemain de l’apparent échec du Sommet de la FAO réuni à Rome sur la sécurité alimentaire mondiale en préconisant l’affectation d’une partie significative des aides publiques au développement à l’aide aux investissements de collecte, de stockage, de transformation et de conditionnement des produits agricoles locaux.

En dépit des réactions désabusées des ONG, le Sommet mondial sur la sécurité alimentaire a confirmé le 18 novembre à Rome les engagements de « L’Aquila » sur la sécurité alimentaire mondiale, notamment ceux qui concernent l’objectif de mobilisation de 20 milliards de dollars US sur 3 ans. Il a par ailleurs décidé de réformer la gouvernance internationale structurée par le Comité de la sécurité alimentaire mondiale (CSA) avec la création d’un groupe d’experts de haut niveau.
Une double approche globale de la sécurité alimentaire a été adoptée par les chefs d’Etat comprenant une action directe visant à remédier immédiatement à la faim et des programmes à moyen et long termes en agriculture durable, sécurité alimentaire, nutrition et développement rural. Toutefois, note la CIIA à la veille de tenir son assemblée annuelle à Paris, « la quasi totalité des institutions et des ONG sont focalisées sur le développement de la production agricole de proximité. Si celle-ci est en effet indispensable et s’il faut que la Banque mondiale redécouvre l’intérêt d’investir dans la production agricole, cela n’est pas suffisant ».

Investir dans des pôles structurants par grandes régions
Car « l’agriculture de proximité et l’économie informelle sont et seront incapables d’assurer seules la sécurité alimentaire des grandes agglomérations : dans les pays en développement, chaque mois, 5 M de nouveaux habitants viennent gonfler la population urbaine qui explose littéralement en Afrique où il y aura 450 millions d’habitants supplémentaires en 30 ans, soit autant qu’en Chine et Inde réunies. Les villes devront accueillir tout le surplus de population : Lagos va s’agrandir de 4 M d’habitants en 15 ans, Kinshasa de 3 millions, 10 autres capitales africaines de plus de 1 à 3 millions... toutes prévisions qui étaient déjà faites… en 1997 lors d’un séminaire FAO-ISRA à Dakar.
L’urbanisation fulgurante de ce continent, qui rend les gouvernements très sensibles aux risques répétés d’émeutes en cas d’insécurité alimentaire, impose la mise en œuvre de moyens logistiques performants et permanents depuis la collecte, la transformation, le conditionnement et la distribution avec des filières organisées au plan régional pour assurer un développement durable.

Une résolution le 11 décembre
C’est pourquoi le Comité exécutif de la CIIA va proposer à son assemblée générale du 11 décembre le vote d’une résolution qui « préconise l’affectation d’une partie significative des aides publiques au développement à l’aide aux investissements de collecte, de stockage, de transformation et de conditionnement des produits agricoles locaux, notamment à ceux qui sont susceptibles de constituer des éléments structurants de pôles régionaux de développement durable compétitifs ».
La rencontre-débat prévue à cette AG avec Mella Frewen, directrice générale de la Confédération des industries agroalimentaires de l’UE (CIAA) et le directeur général adjoint de la FAO, M. Lejeune, sur le thème « Les entreprises agroalimentaires et la sécurité alimentaire mondiale » permettra de confronter les points de vue sur la proposition de la CIIA.

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