Avec un déplacement dans la Vienne, le 11 mai consacré à la sécheresse et la convocation de la première réunion du comité de suivi, le 12 mai, Bruno Le Maire a occupé le terrain en distillant sur deux jours quelques annonces. Résoudre cette crise passera aussi par des solutions européennes a expliqué le ministre. Si, au niveau français, le premier comité s'est réuni près de trois semaines en avance par rapport au tempo suivi lors de la précédente sécheresse de 2003, les mesures européennes risquent, elles, de prendre plus de temps.
Bruno Le Maire alertera ses 26 homologues européens sur la situation préoccupante dans les campagnes dès le prochain conseil des ministres européens de l'agriculture, qui se tiendra le 17 mai. Il a demandé à la Commission européenne et à la Présidence hongroise de l'Union européenne de mettre la sécheresse à l'ordre du jour du prochain conseil des ministres de l'Agriculture. Avec à la clé, le versement anticipé d'aides européennes. C'est ce qu'il a annoncé à l'issue de la première réunion du comité de suivi de la sécheresse agricole le 12 mai. Le ministre français a donc indiqué qu'il allait demander à Bruxelles le versement anticipé de la prime à la vache allaitante (PMTVA) pour cause de sécheresse. « Je ne veux pas créer d'espoir car c'est difficile » a souligné le ministre qui n'attend pas de décision dès le 17 mai. Pour l'heure, la France est seule à se mobiliser. « Les autres pays de l'Europe sont moins touchés que nous » constate-t-il. « Mais, a-t-il ajouté, quand la France se mobilise, elle peut convaincre ». L'assouplissement des mesures agroenvironnementales pour les éleveurs fait aussi partie de ces demandes à l'Union Européenne. Comme le ministre l'avait annoncé dans la Vienne le 11 mai, les éleveurs peuvent désormais disposer de toutes les jachères pour l'alimentation du bétail sans déclaration préalable. Bruno Le Maire a appelé, le 12 mai, à la solidarité entre les filières : il a demandé aux céréaliers de mettre à disposition la paille nécessaire aux éleveurs. Les céréaliers ne doivent pas « broyer les pailles » a-t-il insisté. Il s'est également montré favorable à l'adaptation des cahiers des charges des productions sous signes de qualité. Quant aux mesures de trésoreries d'urgence pour les éleveurs, le ministre a indiqué que les soutiens « seront décidés au cas par cas » par la médiation du crédit. Le Comité de suivi de la sécheresse agricole fera un point chaque semaine de la situation, qui sera appuyé par les cellules départementales de suivi, présidées par les préfets.
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