Abonné

Laine : un plan pour relancer et structurer la filière

- - 3 min

Professionnels et pouvoirs publics ont élaboré une feuille de route pour relancer la filière laine française, en perte de vitesse. Un plan dénoncé par la Confédération paysanne.

La feuille de route « pour la structuration des filières laines françaises » a été présentée le 16 mai en présence de Marc Fesneau. Alors que ce coproduit des élevages ovins est aujourd’hui mal rémunéré, ce plan élaboré par les pouvoirs publics et le collectif Tricolor vise à valoriser « 100 % des toisons » d’ici 2040, pour un « revenu global potentiel » de 8,3 M€. Une étude réalisée pour l’occasion par le Ceti (centre de recherche privé) a estimé le potentiel des principaux débouchés : construction (isolation, 1 500 t), ameublement (literie notamment, 1 500 t), agriculture (paillage, 1 000 t), habillement (750 t) et emballage (500 t). Le gisement, lui, se chiffre à quelque 10 000 t de toisons vendues par an (soit 5 000 t de laine lavée). La feuille de route lainière comporte sept « grands chantiers structurants » : optimisation de la connaissance ; amélioration de la qualité des toisons ; utilisation des toisons brutes ; structuration de l’offre ; exploration des « enjeux du lavage » ; développement des marchés ; gouvernance (création d’une interprofession).

Lire aussi Un collectif détonnant pour relancer la filière laine française

Dans un communiqué publié le jour même, la Confédération paysanne – qui a participé aux travaux – a émis des doutes sur cette « opération de sauvetage » de la filière laine. Elle déplore « l’absence remarquée d’acteurs indispensables (négociants, structures artisanales, petites industries déjà actives…) et la sur-représentation des start-up et de l’industrie de la mode » dans ce travail confié au collectif Tricolor. Lors de sa première assemblée générale en novembre 2020, Tricolor avait annoncé son ambition d’« accroître de 4 à 24 % la part de laine produite et transformée en France » d’ici 2024. Or, observe la Conf’, ce taux « stagne toujours en deçà de 5 % ! ».

Restez au courant en temps réel !

Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.

Confédération paysanne
Suivi
Suivre

Pas de « cap », selon la Conf’

Le syndicat minoritaire regrette aussi l’absence de « cap » et une gouvernance « centralisée » des travaux. « Notre besoin, c’est bien une orientation commune et une gouvernance plurielle, adaptée à la diversité des laines, des territoires et des filières », assène la Conf’. Et le syndicat d’alerter sur le marasme de la filière : « En raison des difficultés croissantes pour exporter [la laine] depuis la crise Covid, depuis quatre ans les stocks s’accumulent dans les granges et perdent encore de la valeur ». La France produit chaque année près de 5 300 tonnes de laine grâce à ses 6,7 millions de moutons, dont 80 % sont exportés en suint « à 2 €/kg », d’après les chiffres avancés par le collectif en 2020.

Un plan en sept volets pour valoriser 100 % des toisons d’ici 2040