Le syndicat des industriels du lait liquide se félicite du rebond des ventes de briques et bouteilles durant les confinements, mais craint pour leur avenir avec les échéances réglementaires fixées pour la fin du plastique dans les emballages.
« Après dix ans de repli », les ventes de lait liquide (briques, bouteilles) ont grimpé de 4,9 % en volume et 5,3 % en valeur en 2020 à la faveur des confinements successifs, qui ont entraîné une hausse des prises de petits-déjeuners et de la fabrication de pâtisserie à domicile, s’est félicité le président de Syndilait (industriels du lait de consommation), Emmanuel Vasseneix, lors d’une conférence de presse le 19 mai. Les laiteries ont calculé que chaque semaine en 2020, « le lait a intégré 4,2 millions de petits-déjeuners supplémentaires par rapport à 2019, pour atteindre 131 millions de petits-déjeuners hebdomadaires. » Une évolution forcément importante dans la mesure où le petit-déjeuner représente 70 % du lait consommé en France. Dans le détail, les laits UHT (97 % de la consommation de lait liquide) ont davantage profité du rebond que les laits pasteurisés (3 %), grâce à leur durée de conservation plus longue, idoine en période de ralentissement de la fréquence des courses.
Pour le sociologue Éric Birlouez, au-delà des changements de pratiques, la période a induit des « prises de conscience » chez certains consommateurs (laits dits équitables ou locaux) et renforcé certaines tendances lourdes, comme la préoccupation pour la santé, avec un besoin accru « d’être en forme pour être mieux protégé face à la maladie », qui s’illustrerait par la hausse constatée des ventes de laits dits vitaminés.
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Couac avec le vrac
Mais Syndilait a aussi profité de ce rendez-vous pour rappeler son inquiétude face aux échéances imposées par le gouvernement en matière d’emballage durable. Le décret intitulé 3R, publié en avril, impose -20 % d'emballages plastiques à usage unique, et la loi Agec promulguée en 2020 fixe un objectif de -50 % de bouteilles en plastique en 2030, et leur suppression en 2040.
Les laiteries imaginent plusieurs scénarios dont aucun ne les satisfait : le retour des bouteilles en verre signifierait un retour au lait pasteurisé, car le lait UHT ne « peut supporter la lumière ». Autrement dit un retour à la chaîne du froid et des achats plus réguliers. Autre scénario qui permettrait, lui, de conserver le lait UHT : le passage à « des canettes géantes de 1 litre non refermable », qui impliquerait un « gaspillage » du lait, et une « multiplication des emballages et une augmentation de l’impact carbone ». Quant à la conception d’une brique en carton « sans aucun plastique », elle « n’est actuellement pas envisagée avant 2050 par les fabricants ». Enfin la vente en vrac est pour l’instant interdite pour le lait par la réglementation européenne.