L’assemblée générale de l’Anicap, l’interprofession caprine, tenue le 24 juin, a été l’occasion de faire le point sur les dossiers qui préoccupent les professionnels. Avec une collecte 2025 en petite hausse de 0,5 % par rapport à 2024, l’année passée fait plutôt figure de rattrapage. Mais c’est le prix qui mécontente les éleveurs. « Le prix du lait sur trois ans est stable, malgré l’explosion due à l’inflation », déplore Joël Mazars, à la tête du collège éleveurs et président de la Fnec. Le prix du lait atteint 920 euros/1 000 litres (+ 0,3 % au 1er trimestre 2026). Ce prix est insuffisant face aux charges, selon les éleveurs. L’amont est aussi préoccupé par une fragilité structurelle : le renouvellement des générations d’éleveurs. Le nombre de producteurs est en baisse de 10 % en dix ans, et les installations sont surtout nombreuses en production fermière (environ 50 chèvres), qui demande moins de capitaux, qu’en « élevage laitier » (500 chèvres et plus).
Parmi les explications : la hausse des coûts d’installation. « Les coûts d’investissement ont fortement augmenté : + 35 % en 5 ans pour les bâtiments et salles de traite. Il faut désormais un investissement d’environ 1 800 €/chèvre pour une chèvrerie, 400 €/chèvre pour une salle de traite », souligne l’Anicap. Dans les prochains mois, « on s’attend à une inflation des facteurs de production en lien avec la hausse du GNR, des engrais et des salaires, et de l’alimentation si les céréales augmentent aussi », craint Mickaël Lamy, président de l’Anicap, du collège des coopératives. Autant de hausses en conséquence de la crise au Moyen-Orient.
Côté consommation, le marché est en légère croissance en GMS (+ 1,3 % en volume et + 1 % en valeurs sur un an), au profit de l’ultra-frais mais aussi des segments les moins valorisés, comme la bûche de chèvre, alors que certaines AOP, au lait cru, rencontrent des difficultés.
CB