Abonné

Lait : Even résiste face aux vents contraires

- - 4 min

Even a dégagé un chiffre d’affaires stable, et continué d’augmenter sa collecte en 2024, en dépit d’une demande peu vigoureuse. Pour l’année qui commence, le groupe coopératif prévoit à nouveau de collecter davantage, et va continuer à diversifier ses activités, notamment dans la distribution.

Le groupe coopératif Even a réalisé en 2024 un chiffre d’affaires de 2,7 Mrd€, stable par rapport à 2023, provenant à 65 % de Laïta (transformation laitière). « En dépit d’une croissance du volume de lait collecté et d’opérations de croissance externe, le chiffre d’affaires 2024 reste stable, ce qui traduit un marché alimentaire en perte de valeur, de la déflation sur certains produits et un mix produit simplifié », note Christian Griner, directeur général, soulignant que « Laïta reste dynamique sur ses marchés MDD et à marque avec Paysan breton ».

En clair, les consommateurs ne sont pas revenus en masse et restent prudents dans leurs achats qui restent orientés vers des produits bon marché. Dans la nutrition et la santé, le contexte mondial n’a pas été vraiment favorable. Le recul du marché mondial des poudres infantiles, notamment à cause de la baisse des naissances en Chine, a affecté les activités de Laïta Nutrition. « Toutefois, la forte croissance des produits de nutrition clinique liquide (+ 12 % d’unités vendues en 2024) a permis de compenser cette diminution et de renforcer la position de Laïta sur ce segment », note Even.

Une trentaine de nouveaux éleveurs laitiers en plus

L’année dernière, Even a accueilli une trentaine de nouveaux éleveurs laitiers principalement en provenance de l’OP LNA-Silav, qui sont devenus adhérents de la coopérative, apportant des volumes supplémentaires. Even a enregistré « une hausse de 4 % de la collecte laitière annuelle, atteignant 421,5 millions de litres en 2024, à contre-courant de la tendance nationale et internationale », note la coopérative. Elle se félicite de « garantir un prix du lait parmi les plus élevés » en France, et prévoit « de redistribuer une enveloppe globale de 11 millions d’euros à ses producteurs adhérents, soit 26 €/ 1 000 litres en moyenne, portant ainsi le prix du lait à 485,12 €/1 000 litres. » Les investissements ont connu une forte croissance à 107 millions d’euros en 2024 (+ 38 % par rapport à 2023), en faveur de Laïta qui concentre la moitié des investissements du groupe, surtout dirigés vers la nutrition adulte. À noter 12 M€ pour une nouvelle usine de la Glacière Narbonnaise (glaçons) et 10 M€ pour moderniser les ateliers viande du Réseau Krill et l’agrandissement du site Paviot (Ille-et-Vilaine).

Restez au courant en temps réel !

Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.

En 2025, le groupe coopératif entend continuer d’investir pour diversifier ses activités et stabiliser son modèle. Ce qui va profiter sans doute au pôle Distribution. « Nous allons continuer d’investir dans des PME, au gré des opportunités, et pour densifier notre maillage du territoire national », prévoit Christian Griner. En 2024, Even a acquis Colmar Frais, entreprise alsacienne de viandes, qui compte 55 collaborateurs. Even Développement a poursuivi l’année dernière sa stratégie de positionnement de niche en faisant l’acquisition de Méchinaud, spécialiste du conditionnement et de la commercialisation d’herbes aromatiques, mini-légumes, légumes oubliés, fleurs comestibles et autres produits frais (Loire-Atlantique) qui emploie 150 collaborateurs.

La croissance de la collecte va se poursuivre : 120 producteurs sont attendus en plus, représentant environ 100 Ml de lait en plus. Et le prix du lait au 1er semestre 2025 devrait être supérieur par rapport à 2024, Even ne pouvant s’engager pour l’instant sur l’ensemble de l’année. Reste à savoir quel sera l’impact sur la production laitière d’un contexte sanitaire évolutif dans les prochains mois, et d’un environnement international chahuté. « Une baisse du dollar pourrait avoir un effet sur nos ventes de nos poudres laitières », note Christian Griner.

Hausse de 4 % de la collecte laitière annuelle, atteignant 421,5 millions de litres en 2024