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Lait : guerre de tranchées

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Furieux qu'une majorité en faveur de l'augmentation des quotas de production de lait pour leur dernière campagne d'application n'ait pas pu être trouvée au sein du Conseil agricole, le ministre autrichien de l'agriculture s'en est pris vertement à la présidence italienne qui aurait, selon lui, dû travailler plus activement à la recherche d'un compromis. Rompant avec les discours très diplomatiques habituels, il a menacé de boycotter la réunion informelle des ministres de l'agriculture à Milan au mois de septembre, et a surtout promis de mettre sur la table les 1,4 milliard € que l'Italie doit recouvrer auprès de ses producteurs en dépassement de quotas entre 1995 et 2009. Très remonté, il s'en est même pris à la proposition de révision du règlement bio – sur laquelle un échange de vues était organisé – qualifiant le texte « d'ignominie » et demandant à Bruxelles de retirer cette proposition « aberrante » et « déplorable ». Cet emportement montre combien le sujet du lait divise les Etats membres. Depuis six mois que des discussions se sont engagées, ni les partisans d'un « atterrissage en douceur » pour la sortie des quotas ni ceux plaidant pour plus de régulation en période de crise ne sont parvenus à trouver un terrain d'entente. En témoigne la position du Danemark qui a préféré ne pas soutenir la demande d'augmentation des quotas laitiers – alors même qu'il va devoir payer un super-prélèvement – afin de ne faire aucune concessions sur des mesures de crise jugées trop interventionnistes. Nul des deux camps n'en sort vraiment vainqueur. Et il est difficile d'imaginer comment la Commission européenne, soutenue par le Parlement européen, pourra dans les prochains mois organiser un débat autour de la protection des producteurs laitiers, en particulier ceux installés en zones défavorisées, face à la volatilité des cours.

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