Les épidodes caniculaires de l’été ont des conséquences marquées sur le volume et la qualité du lait, et la santé des animaux. Le manque d’herbe et l’utilisation anticipée des fourrages prévus pour l’hiver pourraient avoir des conséquences sur le cheptel dans les prochains mois.
L’interprofession laitière (Cniel) a tiré un premier bilan de la saison estivale le 8 septembre, apportant des éléments chiffrés sur les conséquences des trois vagues de chaleur de cet été. La collecte, en recul de « 9,4 % entre les semaines 25 et 26, peine à retrouver une dynamique. Sur la semaine du 10 au 16 août, elle restait en léger recul par rapport à 2025 (-0,1 %), avec des situations contrastées selon les régions », écrit le Cniel dans une note de situation.
La qualité du lait est affectée, marqué par une hausse des germes : « Depuis le mois d’avril, l’indicateur augmente nettement pour atteindre un niveau record en juin. » Mais aussi des cellules somatiques dont le pic habituel de juillet est plus marqué en 2026 que les autres années. Et les animaux souffrent : les boiteries et les mammites sont plus nombreuses que d’habitude. Les veaux sont aussi en danger, notamment ceux âgés de 3 à 20 jours, dont le nombre d’équarris a augmenté de 40 % en juin par rapport à la normale.
Moins d’herbe, moins de maïs
Le manque d’herbe dans les prairies a amené les éleveurs à nourrir les vaches avec les fourrages prévus pour plus tard. « Les fourrages sont en recul de 35 % par rapport à une année normale, avec certaines zones où le recul est de 75 % », souligne Pascal Le Brun, président du Cniel. « L’ensilage de maïs accuse de fortes baisses de rendement et, dans de nombreuses situations, un défaut de remplissage des grains », précise l’interprofession laitière. La baisse de rendement est inférieure de 30 à 50 % selon les zones, relève le Cniel.
La transformation a subi des arrêts de production de laiteries dans certains départements à cause des restrictions d’eau. La consommation a été en berne avec des produits laitiers moins souvent achetés que d’habitude. En juin, juillet et août, la consommation du lait, de l’ultra-frais et des fromages a été en recul, une situation jamais observée pendant trois mois consécutifs depuis quatre ans.
Le principal risque identifié par le Cniel est que le manque de fourrage, ou son coût trop élevé, entraîne une décapitalisation qui pourrait se concrétiser dans les prochains mois. Concernant le nombre de vaches laitières abattues, « les experts ne notent pas d’évolution majeure à la semaine 34 (23 août) – comparé aux années précédentes – mais c’est un indicateur à suivre face au manque de fourrages pour l’alimentation des animaux », indique le Cniel. Une situation qui laisse présager « une baisse de production laitière dans les mois à venir, faute de ressources alimentaires suffisantes pour nourrir les troupeaux. »
CB