Dans le cadre du Plan de résilience, l’interprofession laitière (Cniel) demande à bénéficier de l’enveloppe dédiée à l’alimentation du bétail (400 M€) « au prorata » du poids de la filière dans la consommation totale d’aliments, soit à hauteur de 24 %, a-t-elle déclaré à Agra Presse, par la voix de son président Thierry Roquefeuil, le 23 mars. « 93 % de l’alimentation est produite sur nos exploitations. Si le plan de résilience est orienté sur l’aliment acheté, il y a un risque qu’on passe à côté de l’enveloppe », alerte Thierry Roquefeuil, également président de la FNPL (producteurs de lait, FNSEA). « Nous avons besoin d’énergie et d’engrais pour produire nos aliments », argumente-t-il en rappelant que les prix de ces intrants ont fortement augmenté ces derniers mois et que la guerre en Ukraine « amplifie le problème ».
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Le risque, anticipe l’interprofession, est de voir les éleveurs se tourner vers des productions plus rémunératrices comme les céréales, dont les cours explosent. « Les producteurs pourraient être tentés de décapitaliser », signale le président du Cniel. D’autant que les prix de la viande de vache de réforme ont augmenté de « 40 % ». Pour éviter l’aggravation du déclin du cheptel laitier (-1,8 % en 2021), le Cniel demande que des « signaux » soient « rapidement » envoyés aux producteurs sur le prix du lait par la filière et les pouvoirs publics. Pour « éclairer » les nouvelles négociations commerciales qui s’engagent et permettre « d’objectiver les hausses » demandées par les industriels, l’interprofession publiera bientôt des indicateurs « réactifs » sur les coûts de transformation.