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Lait : la FNCL défend l’accompagnement de ses adhérents

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Dans un point presse commun avec des députés le 28 juin à l’Assemblée nationale, le syndicat de coopératives a expliqué la force de la coopération et son point de vue face à la crise laitière.

Pas moins de « 60 % des coopératives ont effectué des prêts de trésorerie à leurs associés-coopérateurs » a annoncé Dominique Chargé, président de la Fédération nationale des coopératives laitières (FNCL), le 28 juin. Il s’est exprimé, dans un point presse mais à la demande de certains députés, devant Dino Cinieri, député de la Loire (UMP), Jean-Charles Taugourdeau, député du Maine-et-Loire (les Républicains) ou encore Thierry Benoît, député d’Ille-et-Vilaine (UDI) sur le sujet de l’accompagnement des adhérents des coopératives laitières durant la crise. D’après Dominique Chargé, près de 35 000 associés auraient bénéficié d’un prêt de trésorerie d’une moyenne de 6 000 €, à un taux de 1 à 2 %, avec un remboursement étalé sur 12 à 24 mois. « 40 % des coopératives ont effectué des différés de paiement », continue-t-il. Il précise également que « 60 % des associés coopérateurs ont reçu des formations entre juillet 2015 et juin 2016. […] Nous avons changé de monde depuis la fin des quotas ». Il note également que « la plupart des coopératives ont fait des ristournes de 10 à 12 €/1 000 l », sans préciser que certaines de ces ristournes sont sous forme de parts sociales, donc de l'argent toujours bloqué dans la coopérative.

La FNCL présente ses solutions à la crise laitière

Pour Dominique Chargé, la solution à la crise laitière est multiple et passera forcément par Bruxelles. Du côté français, il attend, entre autres, des outils de gestion fiscale « afin de lisser les résultats », un « accompagnement de la volatilité mais pas dans la réglementation » et « un accompagnement technique sur le développement à l’international et dans les barrières tarifaires et sanitaires ». Concernant les relations commerciales, il souhaite « un encadrement des relations commerciales qui ne soit pas destructeur de valeur ». Il explique que la péréquation financière entre les différents produits transformés (beurre, poudre de lait, fromage, etc) est indispensable pour lisser les revenus de la coopérative. « Une relation deux fois bipartites est une relation très différente d’une relation tripartite », répond-il à la réflexion de jeunes producteurs que rapporte Dino Cinieri : « Les coop réfutent une notion trop étroite du contrat tripartite car elles craignent que cela amoindrisse leur marge de négociations commerciales avec les centrales d’achat (au risque) de devenir de simple sous-traitants ». Dominique Chargé reconnaissait, sans s’étendre sur le sujet, que « le système coopératif est celui qui fonctionne le mieux mais il faut s’en réapproprier la gouvernance ». Dino Cinieri ou encore Thierry Benoît proposeront de le rencontrer de nouveau.

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Les coop réfutent une notion trop étroite du contrat tripartite

Le 28 juin à l’Assemblée nationale, lors d’une rencontre avec Dominique Chargé, président de la Fédération nationale des coopératives laitières, Dino Cinieri, député de la Loire (UMP), a rapporté le point de vue de quelques jeunes producteurs qui l'avaient sollicité au sujet des coopératives. Extrait du mail reçu par le député : « La divergence de point de vue avec les coopératives, sur les pistes de sortie de la crise laitière, porte sur la notion de contrat tripartite, producteurs - laiterie - grande et moyenne surface, pour fixer les prix ou des index (de charges, de cours des marchés, etc...). Les coop réfutent une notion trop étroite du contrat tripartite car elles craignent que cela amoindrisse leur marge de négociations commerciales avec les centrales d’achat et de devenir de simple sous-traitant. Pour nous, il est important que les négociations de prix se déroulent en deux temps : novembre-décembre définition d’un prix amont “producteur”, négocié entre producteurs (les organisations de producteurs) et les laiteries, pour l’année suivante, puis en janvier-février, négociation des conditions générales de vente entre laiteries et centrales d’achat, avec une fin des négociations obligatoires au 1er mars, avec intégration dans les index définis au contrat ou dans les conditions générales de vente du coût de production à la ferme. Le contrat entre les organisations de producteurs et les laiteries […] doit devenir un contrat collectif, ce qui est vigoureusement refusé par certains groupes, notamment Lactalis. Enfin, il faut un cadre réglementaire, voire pénal à ces négociations qui limite les dénonciations intempestives par les grandes et moyennes surfaces, ou les négociations de « façade », pour mettre en permanence leurs fournisseurs à genoux. »