Les éleveurs laitiers veulent que le prix du lait payé par les industriels reflète la flambée du carburant et ses conséquences sur les coûts de production. Annie Genevard suggère à la filière de se réunir pour partager l’effort.
Les éleveurs laitiers s’alarment de la hausse de leurs coûts de production. À l’occasion de l’assemblée générale de la FNPL (éleveurs laitiers, FNSEA) le 25 mars, son président Yohann Barbe a insisté sur le doublement récent du prix du gasoil non routier (GNR), conséquence de la guerre contre l’Iran et du blocage du détroit d’Ormuz. Le prix des engrais et du transport est également une source d’inquiétude en lien avec ce contexte.
Or, cette flambée intervient en même temps que les négociations entre fournisseurs et distributeurs sur les marques de distributeurs (MDD), des produits dont la négociation n’est pas soumise aux obligations des lois Egalim. Quelques jours plus tôt, la FNPL avait déjà prévenu que « le prix du lait payé aux producteurs doit être identique, qu’il aille en marque nationale ou en MDD » et que « toute différenciation, c’est se moquer des éleveurs ». Le syndicat prévenait les industriels et distributeurs que « casser le prix du lait pour reprendre des marchés est inacceptable ». Les prix mondiaux des produits industriels étant orientés à la baisse depuis ces derniers mois, les industriels tendent à payer le lait aujourd’hui moins cher qu’en 2025.
Couvrir les coûts de production
« Il faut couvrir les coûts de production dans les négociations », a insisté Yohann Barbe, face à la ministre de l’Agriculture Annie Genevard venue s’exprimer lors de l’assemblée générale, lui demandant « plus d’engagement du gouvernement ». « Je vous encourage à recourir au médiateur des relations agricoles et commerciales » dans le cadre d’une éventuelle renégociation des tarifs conclus entre fournisseurs et distributeurs, a-t-elle répondu. La ministre a écarté l’idée de rouvrir les négociations commerciales, ce qui pourrait alimenter l’inflation. Mais elle a rappelé que le ministre du Commerce « Serge Papin a dit que des avenants (aux contrats fournisseurs-distributeurs, NDLR) sont possibles en cas de hausse des coûts de production ». Elle a aussi encouragé tous les maillons de la filière laitière à se réunir pour « un effort partagé » dans le cadre de cette hausse.
Les éleveurs n’entendent pas en rester là pour mettre la pression sur les négociations commerciales. « Et si certains allaient jusqu’à remplacer le lait français par du lait importé, la FNPL montrera les dents : les acteurs seront nommés et les visites en magasin reprendront ! », a prévenu le syndicat. La FNPL veut aussi travailler sur le long terme pour mettre en avant le lait d’origine France dans les produits laitiers. Elle assure qu’elle présentera très prochainement des propositions pour qu’un logo valorisant la provenance française du lait soit enfin concrétisé.
CB