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Lait : le prix annoncé par le distributeur n’est pas le prix payé à l’éleveur

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Le secteur laitier semble être le grand gagnant des négociations commerciales annuelles, après les différents accords annoncés entre distributeurs et industriels pour s’entendre sur un prix annoncé comme payé à l’éleveur. Mais ces annonces et leurs formulations doivent être prises avec des pincettes, car les prix présentés par les distributeurs ne seront pas les prix payés aux agriculteurs par les industriels. En effet, les grandes surfaces ne représentent qu’une partie des débouchés des industriels.

Le prix du lait payé à l’éleveur est basé sur la valorisation des produits finis que l’entreprise fait avec ce lait, explique Gérard Calbrix, économiste à l’Atla qui regroupe industriels privés et coopératifs. « Pour les produits industriels comme le beurre industriel, la poudre, le lactosérum, les transformateurs se basent sur les cotations internationales. Pour la valorisation des produits de grande consommation, les prix dépendent des négociations commerciales avec les distributeurs », développe-t-il. Aussi, quand il y a un accord avec un distributeur sur le prix du lait, la laiterie répercutera ce montant, dans le calcul du prix du lait qu’elle payera à l’éleveur, seulement sur la fraction de lait commercialisé via cette enseigne.

« Chaque entreprise justifie qu’elle peut payer le prix du lait plus ou moins cher selon qu’elle fabrique des produits de grande consommation à destination du marché intérieur ou si elle réalise une grande partie de son chiffre d’affaires à l’export », confirme Thierry Roquefeuil, président du Cniel. La valorisation dite PGC, c’est-à-dire provenant des négociations annuelles avec les distributeurs correspond, en moyenne, à 50 % du prix du lait payé aux producteurs au niveau français. Aussi, « 100 % de la grande distribution doit jouer le jeu pour qu’il y ait un impact, convient Thierry Roquefeuil. Si un seul distributeur jour le jeu, l’enjeu n’est pas grand pour le producteur. »

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Selon que l’on voit le verre à moitié plein où à moitié vide, l’analyse sera différente. Pour Dominique Chargé, président de Coop de France, les annonces des distributeurs portent en eux « une vraie amélioration ». En revanche, pour Véronique Le Floch, présidente de l’organisation des producteurs de lait de la Coordination rurale, « ce sont des effets d’annonces, dénonce ».

« Les accords ne portent que sur 50 % du prix final aux producteurs. »