La Commission européenne a récemment publié les résultats du programme de réduction volontaire de la production laitière pour lequel une enveloppe de 150 millions d’euros avait été débloquée en juillet dernier. Plus de 52 000 producteurs laitiers européens ont choisi de participer au programme, réduisant chacun leur production de 20 t, en moyenne.
Au total, ce sont 1,06 million de litres de lait qui ne seront pas produits, soit 98,9 % du 1,07 million de litres initialement prévu dans le programme européen de réduction volontaire de la production de lait. La mesure permettra également de réduire la production laitière européenne de 2,9 % sur la période octobre-décembre. Une seconde période d’engagement, courant de novembre 2016 à janvier 2017, sera ouverte pour le 1,1 % de réduction restant, soit 11 400 tonnes. Celle-ci ne sera accessible qu’aux éleveurs n’ayant pas pris part à la première période de réduction. Les demandes d’aides devaient être introduites pour le 12 octobre au plus tard.
Les Allemands au sommet du podium
Avec une réduction de leur production de 286 000 tonnes, les éleveurs allemands sont ceux qui contribuent le plus au programme européen en termes de volume. 9 947 éleveurs allemands se sont engagés dans ce plan. La France, avec une réduction de sa production de 181 398 tonnes, arrive en deuxième position avec 12 957 participants au programme de réduction. Au troisième rang : les Pays-Bas avec 3 932 éleveurs volontaires ont vu leur production de lait diminuer de 80 000 tonnes. Côté taux de participation, l’Irlande arrive en tête du classement avec 24 %. La Belgique et les Pays-Bas arrivent en deuxième position, avec 22 % de producteurs adhérant au projet. Avec 19 %, la France occupe le troisième rang. Dans le cadre du plan volontaire de réduction de la production de lait de vaches, les quantités pour lesquelles des demandes d’aide ont été présentées pour le dernier trimestre de 2016 ne dépassent pas le volume maximal total (1,07 milliard t) fixé par l’Europe. En effet, pour l’ensemble des États membres, les demandes ont atteint 1,06 milliard de tonnes de lait. Les quantités disponibles pour le second appel s’élèvent donc à 11 millions de litres de lait pour l’ensemble de l’Union européenne. La prochaine date limite pour la réception des demandes était fixée au 12 octobre pour la deuxième période de réduction portant sur novembre et décembre 2016 et janvier 2017. Les candidats qui ont soumis une demande admissible pour la première période de réduction ne peuvent pas présenter une demande pour cette deuxième période.
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Un pas dans la bonne direction selon le European Milk Board
Les chiffres publiés par la Commission européenne sur le dépôt des demandes d’aides à la réduction des volumes de lait démontrent l’intérêt des producteurs pour les indemnités européennes en cas de renonciation aux livraisons, a expliqué Romuald Schaber, président de l’European Milk Board. Selon lui, « les producteurs de lait européens se sont ainsi exprimés clairement en faveur d’une réduction des volumes. L’offre excédentaire des derniers mois a fait baisser le prix du lait dans toute l’Europe et a mené à la faillite un grand nombre de producteurs. La participation importante au programme de réduction européen montre que les producteurs de lait européens veulent s’attaquer à la crise par l’angle de la production ». Ceci, a-t-il souligné, « vient contredire nettement les affirmations des experts en agriculture, de certaines parties de la Commission européenne, des syndicats agricoles et de l’industrie de transformation, selon qui les producteurs de lait voudraient produire toujours plus et qu’une réduction ciblée de l’offre ne serait pas possible ». D’ailleurs, a-t-il ajouté, « les pays de grande production laitière comme l’Irlande, les Pays-Bas, l’Allemagne, la France et la Belgique enregistrent justement une forte participation au programme de réduction des volumes ». Romuald Schabert estime que la renonciation aux livraisons « constitue un premier pas dans la bonne direction », tout en regrettant que la mesure ait été introduite si tardivement et que les volumes produits n’aient pas été plafonnés simultanément au niveau européen.