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Lait : Phil Hogan défend sa proposition d’adaptation de l’intervention publique pour 2018

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Dans un discours prononcé le 30 octobre à Belfast à l’occasion du Sommet mondial du lait, le commissaire européen à l’agriculture Phil Hogan a de nouveau défendu sa proposition de porter à zéro pour 2018 le plafond des achats dans le cadre de l’intervention publique sur la poudre de lait écrémé contre 109 000 tonnes actuellement (1).

La Commission européenne veut en effet éviter que les stocks déjà très élevés de poudre (environ 400 00 tonnes accumulées en 2015 et 2016) ne grossissent encore. Tout en reconnaissant que l’intervention publique « a eu un impact indéniable sur la stabilisation du marché », le commissaire européen souligne également que ces stocks pèsent sur le marché. « Nous devons donc éviter l’an prochain de nouveaux achats dans le cadre de l’intervention publique, sans justification de marché appropriée. Une option serait de commencer la prochaine campagne (à partir du 1er mars) par un appel d’offres. Cela signifie que nous déciderons ensemble quels volumes doivent être acceptés et à quel prix ». Mais les États membres, à qui cette décision revient, ne semblent pas très enthousiastes.

« Vous ne devez pas vous méprendre sur ce que je mets sur la table – l’intervention restera disponible comme le prévoit l’acte de base, mais elle sera gérée de manière contrôlée, sur la base des conditions du marché. Pour ce faire, des décisions seront prises mensuellement en fonction des offres des opérateurs », a justifié Phil Hogan.

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Le commissaire a ensuite déroulé son habituel plaidoyer pour un secteur ouvert sur les marchés : « Le commerce doit être considéré à la fois comme une opportunité et un défi pour le secteur laitier : nous devons exporter environ 13 % de la production laitière européenne pour préserver l’équilibre intérieur. Cela signifie que nous devons rester compétitifs sur les marchés mondiaux ». Il a pris l’exemple du beurre, dont les prix atteignent des records depuis plusieurs mois mais ont commencé à connaître une baisse ces dernières semaines. Phil Hogan indique que personne ne sait où la tendance s’arrêtera, bien qu’il y ait des raisons de croire que l’augmentation de la demande de beurre est un phénomène structurel. « L’industrie laitière de l’UE doit être en mesure d’anticiper ce scénario évolutif et s’y adapter », a conclu le commissaire.

(1) Voir n° 3616 du 30/10/2017