La production européenne de lait poursuit son envolée. Sur le seul mois de janvier, l’augmentation de production correspond au tiers de ce qui pourra être supporté en 2018, prévient la Commission européenne qui espère que les opérateurs vont prendre leurs responsabilités. Un peu plus de 4 000 tonnes de poudre de lait écrémé issues des stocks d’intervention publique ont trouvé preneur en mars.
Le rapport de l’Observatoire européen du marché des produits laitiers suite à sa réunion du 27 mars à Bruxelles confirme la forte augmentation de la production laitière dans l’UE ces derniers mois, notamment en France et en Allemagne, dont s’était déjà inquiété le commissaire européen Phil Hogan (1).
La collecte de lait de l’UE a augmenté de 1,8 % (+ 2,7 millions de tonnes) en 2017, et la croissance s’est poursuivie en janvier 2018 avec une hausse de +4 % en glissement annuel (soit + 500 000 t). « Cela représente environ un tiers de ce qui peut être considéré comme une croissance durable pour une année entière », préviennent les experts. Les hausses les plus importantes en volume concernent l’Allemagne (+139 000 t), la France (+82 000 t), l’Italie (+64 000 t) et la Pologne (+40 000 t). Les productions de fromage, de beurre et de poudre de lait écrémé (+10 %) suivent également cette tendance.
Les prix du lait à la ferme se situent 7 % au-dessus de leur niveau de janvier 2017 à 35,1 €/100 kg. La collecte du lait dans l’UE devrait, selon les estimations de Bruxelles, augmenter de 1,4 % en 2018, la majeure partie de la croissance ayant lieu au cours du premier semestre de l’année. La demande intérieure et les exportations devraient, elles, augmenter (de respectivement 0,9 % et 4 %).
La production mondiale a augmenté de 1,7 % en 2017, sous l’impulsion de l’UE et des États-Unis. La production néo-zélandaise a souffert de la sécheresse depuis décembre (-4,9 % de collecte en janvier) tandis que les productions en Australie et en Amérique du Sud se remettent des faibles niveaux de la saison dernière.
Les stocks se vident lentement
Les stocks d’intervention publique de l’UE de poudre de lait écrémé s’élèvent désormais à moins de 370 000 t. Les États membres ont donné leur feu vert le 22 mars à la vente de 4 127 tonnes de cette poudre à un prix minimum de 105 €/100 kg – après la vente de 4 337 t au mois de février.
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Le prix actuel du marché pour la poudre de lait écrémé s’élève à 132,7 €/100 kg pour les denrées alimentaires – soit son niveau le plus bas depuis le début de l’année dernière et bien en au-dessous des prix d’intervention (-8 % en 2018).
Le règlement OCM prévoit normalement l’ouverture automatique de l’intervention publique pour les produits laitiers du 1er mars au 30 septembre. Mais avec l’aval des États membres, la Commission européenne a adopté un règlement portant à zéro le plafond 2018 des achats à prix fixe dans ce cadre, contre 109 000 tonnes habituellement, et elle lancera si besoin des appels d’offres pour intervenir ponctuellement sur le marché. Objectif : éviter que les stocks n’augmentent de nouveau.
(1) Voir n° 3630 du 05/02/2018
Les prix du beurre rebondissent depuis janvier
Les prix du beurre repartent à la hausse, indique la dernière conjoncture laitière publiée par le Cniel. Sur le marché mondial, les cotations européennes ont bondi de 3,8 % en février pour atteindre 5 859 $ par tonne après avoir dépassé 7 500 $ par tonne en septembre 2017, selon la Commission européenne. Les prix de la poudre de lait écrémée demeurant à des niveaux extrêmement faibles, ce rebond creuse à nouveau l’écart entre le prix de la protéine et celui de la matière grasse laitière. Ces évolutions de prix interviennent dans un contexte de production mondiale contrastée, avec une diminution de la collecte néozélandaise et une forte croissance des livraisons européennes. Cette dynamique européenne devrait se maintenir pendant toute la campagne, mais à des niveaux plus mesurés, souligne l’interprofession. Au niveau français, la collecte est dynamique depuis septembre mais commence à se stabiliser ces dernières semaines à des niveaux proches de ceux de 2017. Du côté de la consommation, les prix du beurre payés par les ménages sont en augmentation de 14 % en un an, alors que les prix des autres produits laitiers (lait conditionné, fromages et yaourts) ont progressé de façon plus modérée, avec des hausses de l’ordre de 2 % en un an.