« Le plan de filière est toujours en cours. Il attend la validation du conseil d’administration le 12 décembre, avec une décision prise à l’unanimité », annoncé Thierry Roquefeuil, président de l’interprofession laitière (Cniel). « Dans le lait, c’est difficile, mais on avance », a déclaré Stéphane Travert le 10 décembre, lors d’une rencontre avec l’Association française des journalistes agricoles (Afja). « Je ne suis pas là pour faire plaisir au ministre, faire un papier et vendre du vent. Ce document est une première étape. Il n’est pas un aboutissement, considère Thierry Roquefeuil. Toute la difficulté résidera dans le fait de le faire vivre ».
Il évoque un consensus au sujet du manque de communication sur la ferme laitière française d'aujourd'hui en termes de pratiques (pâturage, aliment sans OGM, etc.). « Bientôt, le lait bio sera à 300 €/1 000 l et on ne pourra pas continuer à répondre aux demandes des consommateurs sans un juste retour au producteur », observait-il. Il reconnaît les difficultés économiques que vivent certains des maillons de la filière, au-delà des producteurs : « Les distributeurs s’interrogent sur Amazon. Et certains industriels ne sont pas en super-forme ».
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Les États généraux de l’alimentation (EGA) ont permis de recréer un dialogue, selon lui. « Tout le monde est en prise de conscience », a-t-il souligné. Créer un lien avec les associations de consommateurs et les ONG, tout comme la distribution au sein de l’interprofession est un sujet toujours d’actualité, avec un questionnement sur leur entrée dans l’interprofession. Et cela d’autant plus que le chantier 2 des EGA a porté sur les attentes sociétales.
Par contre, sur la question du prix, des coûts de production ou des contrats, les discussions sont telles qu’un syndicaliste n’a pas hésité à dire que « rien n’est encore écrit dans ce plan » et cela, dix jours avant la date officielle de rendu. De son côté, la Confédération paysanne a revendiqué un « prix rémunérateur de base établi à partir d’un lait français sans OGM (100 % à l’horizon 2021) », dans un communiqué du 29 novembre. À ce prix de base viendraient s’ajouter des critères supplémentaires, en fonction des cahiers des charges, permettant une plus ou moins grande valeur ajoutée. Par la suite, « les stratégies exports » devraient « dégager leurs propres bénéfices, sans marge de péréquation avec le marché intérieur », observe le syndicat.