La coopérative du Grand Ouest Laïta va mettre en avant sa marque Paysan breton, en France comme à l'export. Selon elle, ses très bonnes performances commerciales permettront d'atténuer la volatilité du prix du lait après la fin des quotas laitiers.
LAÏTA mise sur la marque Paysan breton pour amortir une éventuelle augmentation de la volatilité des prix à la fin quotas laitiers. « La marque Paysan breton est notre principal levier pour ne pas être trop exposé à la volatilité du marché », explique Dominique Chargé, président de la coopérative, qui doit être « tournée vers la performance économique et la rentabilité ».
Il met en avant une « activité ancrée sur un territoire et non délocalisable », insistant sur les particularités du modèle coopératif, qui sont de « colleter et valoriser tout le lait que produisent les adhérents, avec des valeurs très fortes de mutualisme et de solidarité ». Des valeurs « dans l'air du temps de ce que veut le consommateur », affirme t-il. Laïta regroupe les coopératives Even, Triskalia et Terrena, dans le Grand Ouest.
Négociations difficiles en FrancePaysan breton réalise un chiffre d'affaires de 190 millions d'euros (soit 15% du chiffre d'affaires de Laïta), dont 74% en grande et moyenne surfaces (GMS), 21% à l'export et 5% en restauration. « La bonne image en France nous permet de créer des marchés à l'étranger », se félicite Dominique Chargé.
Alors que le beurre Paysan breton réalise de très bonnes performances commerciales, la coopérative veut profiter de la notoriété de la marque sur d'autres produits (crème fraîche, fromages fouettés, crêpes). Elle sera d'ailleurs présente pour la première fois au Salon de l'agriculture, uniquement sous la bannière Paysan breton.
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Mais les négociations commerciales en cours entre industriels et distributeurs concernant les prix des produits laitiers en 2014 sont difficiles : « Il y a une guerre des prix, une extrême pression qui est mise sur les industriels, et Paysan breton n'échappe pas à cette règle », regrette Dominique Chargé.
Il explique que le prix du lait payé au producteur en 2014 dépendra de l'issue de ces négociations. Pour 2013, le prix n'est pas encore totalement connu, puisqu'il reste des éléments à intégrer. « Mais si on fait un prix au mois par mois, on est dans le haut du panier », affirme le président.
Pas d'explosion de la production à la fin des quotasLaïta collecte 1,4 milliard de litres de lait sur 3 750 exploitations. La collecte a augmentée de 11% sur les quatre dernières années. En 2013, une possibilité d'augmentation de production de 10% a été donnée aux éleveurs (mais la collecte n'aurait augmenté que de 4%, selon des premières estimations). Pour 2014, dans l'optique de la fin des quotas laitiers en avril 2015, c'est 10 à 15% de volumes en plus qui seront mis à disposition des éleveurs. « L'objectif est de répondre au souhait de nos adhérents ainsi qu'à la dynamique des marchés », explique Dominique Chargé. « Les volumes reviennent au cœur de la relation entre la coopérative et ses adhérents. Il n'y aura pas d'augmentation des volumes à tout prix, mais une recherche de la valeur ajoutée pour la pérennité des exploitations », ajoute Guy Le Bars, président d'Even.