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Produits laitiers/Fusion Laïta va devenir une société de production

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Jusqu’à présent filiale de commercialisation de produits laitiers pour Coopagri Bretagne, Even et Terrena, Laïta va bientôt regrouper les actifs industriels des trois partenaires. Le tour de table pourrait en être modifié en fonction de l’apport de chacun. Actuellement, Laïta réalise un chiffre d’affaires de 400 millions d’euros, dont 25 % à l’export, avec 87 000 tonnes de produits commercialisés. Objectifs : simplifier les structures existantes et se donner les moyens d’investir, notamment sur le secteur des fromages.

Un temps évoquée puis repoussée, l’idée de faire évoluer Laïta, la filiale de commercialisation des produits laitiers des trois coopératives Coopagri Bretagne, Even et Terrena, est en passe de se concrétiser. Les trois coopératives vont regrouper au sein d’une même structure leurs actifs industriels dans le domaine des produits laitiers et faire de Laïta, une société de production et de commercialisation. « Nous sommes en cours de négociation mais il y a de bonnes chances que cela aboutisse en 2008 », a confié Jean-Bernard Solliec, directeur général de Coopagri Bretagne, qui attend néanmoins que « Terrena précise ses intentions concernant Unicopa », indique-t-il. Rappelons que Terrena a repris l’activité de volailles fraîches d’Unicopa en mars dernier Cf Agra alimentation n°2012 du 20/03/2008 page 20, lui permettant de devenir le numéro deux du secteur avec sa marque Gastronome, derrière le sarthois LDC.

Capacité d’investir

Terrena et Coopagri sont actionnaires de Laïta à hauteur de 35 %, et Even détient une participation de 30%. Actuellement, Laïta commercialise 87 000 tonnes de produits laitiers (beurres, fromages, crèmes et spécialités diverses) notamment sous la marque Paysan Breton, aussi bien en France qu’à l’international. Son chiffre d’affaires atteint 400 millions d’euros, dont 25 % à l’export dans plus de 80 pays.

Rapprocher les actifs industriels des trois coopératives permettrait de simplifier les structures. Les trois coopératives ont, en effet, des prises de participation croisées au sein de différentes structures de production, dont notamment La Laiterie du Val d’Ancenis et la Fromagerie de l’Iroise. Elles donneront naissance à un ensemble représentant une collecte de 1,2 milliard de litres de lait et un chiffre d’affaires de plus d’un milliard d’euros. « Ce rapprochement permettra de simplifier le fonctionnement des structures, améliorer notre capacité d’investir et nous développer hors de notre territoire. A court terme, les avantages sont modestes, à long terme, ils sont certains », explique Jean-Bernard Solliec. Le tour de table de Laïta pourrait également évoluer, en fonction de l’apport de chacun des trois partenaires.

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Valorisation par le fromage

Laïta se concentrerait notamment sur le développement de son offre de fromages. « Pour le long terme, le secteur du fromage permet les meilleures valorisations. Il est moins sensible aux fluctuations de marché que le lait en vrac ou la poudre de lait. Nous avons une gamme relativement courte que nous avons intérêt à développer », indique le directeur général de Coopagri Bretagne. Sur 2007, le site de la Fromagerie de l’Iroise, à Ploudaniel, a bénéficié d’un investissement de 7 à 8 millions d’euros pour la production d’emmental. Environ cinq millions d’euros ont été engagés pour la construction d’une usine de traitement du lait sur le site de Saint-Brieuc, dans les Côtes d’Armor. Enfin, La Laiterie du Val d’Ancenis a bénéficié d’un investissement de 12 à 15 millions d’euros pour la construction d’un nouveau site dédié au fromage à pâte molle, dont les travaux sont en cours.

Après une année 2006 « laborieuse » pour Coopagri Bretagne, l’année 2007 s’est mieux conclue mais est restée « difficile sur le plan conjoncturel ». Le groupe a réalisé un chiffre d’affaires en progression de 16% à 960 M EUR, pour un résultat net en hausse de 3 M à 10,5 M EUR. Les produits laitiers restent le premier débouché de Coopagri Bretagne, suivis du porc et de la nutrition animale.