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ESB et Creutzfeldt-Jakob L’alimentation, vecteur probable de l’agent de l’ESB en France

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Un rapport d’expertise judiciaire remis à la juge Marie-Odile Bertella-Geffroy, en charge du dossier de l’ESB, établit pour la première fois un lien entre la mort de neuf Français décédés du nouveau variant de la maladie de Creutzfeldt-Jakob (nvMCJ) et leur alimentation.

«Pour la première fois, un rapport confirme et individualise ce qu’on pressentait de manière générale : un lien peut être établi entre les habitudes alimentaires des victimes du nouveau variant de la maladie de Creutzfeldt-Jakob et le déclenchement de leur maladie », explique Bernard Fau, avocat de plusieurs parties civiles. « Jusqu’ici, les circonstances de contamination n’avaient jamais été recherchées », souligne-t-il. L’expert judiciaire, le docteur Jean-Louis Thillier, a enquêté pendant deux ans sur les habitudes alimentaires des neuf victimes françaises, décédées entre 1996 et 2006 du nvMCJ, dont les familles se sont portées parties civiles devant la justice française. Son rapport de plus de 400 pages a été transmis ces derniers jours aux avocats des familles parties civiles, selon le Parisien qui en rend compte dans son édition de du 6 novembre. Dans ses conclusions, l’expert affirme, selon les cas étudiés, qu’il est « certain » ou bien qu’il est « possible » que la victime soit « décédée d’une maladie de Creutzfeldt-Jakob acquise par transmission alimentaire de l’agent de l’ESB (encéphalopathie spongiforme bovine) ».

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Le docteur Thillier pointe également dans l’expertise la responsabilité des autorités sanitaires française qui, selon lui, aurait tardé à réagir après l’apparition du premier cas de bovin atteint de l’ESB en 1991. « Marquée par une forte tradition agricole et un Etat très présent », la France en a oublié son « rôle de garante de la sécurité des produits alimentaires », estime-t-il notamment.