La chancelière Angela Merkel, accompagnée des patrons de Daimler, de Volkswagen et de Shell-Allemagne, a inauguré le 17 avril à Freiberg (dans la Saxe, non loin de Dresde) une raffinerie de biocarburants de deuxième génération. Il s’agit d’une unité prototype produisant du biodiesel.
Choren Industries, l’industriel qui exploite le site, ne recourera pas aux huiles végétales pour produire le biodiesel, les biocarburants de deuxième génération se voulant inoffensifs pour le climat et pour la sécurité alimentaire. Rappelons que l’Allemagne a annoncé début avril sa décision d’abandonner le développement massif des biocarburants de première génération et de privilégier les biocarburants de 2ème génération afin d’atteindre ses objectifs (diminuer ses émissions de CO 2 de 40 % entre 1990 et 2020).
Un prototype, en attendant la vraie dimension
L’usine est construite, et tournera réellement à partir de l’automne 2008. L’industriel utilisera des matières premières abondantes et d’un faible coût, comme le bois, la paille, les mauvaises herbes, les résidus de lait de l’industrie agroalimentaire, ont expliqué ses spécialistes. Ces nouveaux procédés sont basés sur le recyclage et économes en terres : un litre de biocarburant de deuxième génération nécessiterait trois à quatre fois moins de surface pour sa production qu’un litre de bioéthanol, selon Choren.
En revanche, l’investissement de ce nouveau type d’usines de biocarburants est élevé. Un milliard d’euros, contre 40 millions d’euros pour un site comparable au colza, selon Frank Brünhing, de la Fédération allemande des biocarburants. Ramené au litre, le coût de production serait d’un euro.
Le procédé de fabrication est celui dit « thermochimique » ou « BTL (Biomass to liquid) ». Il consiste à porter de la matière organique à haute température, jusqu’à obtenir un gaz, que l’on liquifie pour lui donner une formule chimique comparable au gazole ou au kérosène.
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Le président de la fédération des constructeurs automobiles allemands (VDA), Matthias Wissman, a salué ce « nouvel âge des biocarburants » et s’est félicité que l’Allemagne « prenne la tête » du mouvement.
L’usine devrait produire 180 000 hectolitres de biodiesel par an, soit 13 000 tonnes. Choren projette par la suite de construire une raffinerie en vraie grandeur près de la frontière polonaise de 2,5 millions d’hectolitres par an, soit 200 000 tonnes. Mise en route prévue : au mieux en 2012.
Signalons par ailleurs que les groupes Daimler et Wolkswagen ont annoncé qu’ils viennent de prendre une participation minoritaire au capital de Choren Industries.