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Energies renouvelables L’Allemagne, poisson pilote de la France

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Dans les énergies renouvelables, et l’environnement au sens large, l’Allemagne plus pragmatique que la France préfère se lancer quitte à faire machine arrière ou réajuster son dispositif. Résultat : la France est en retard sur son voisin outre Rhin, mais le modèle allemand l’inspire. Un colloque organisé les 4 et 5 mai à Metz par le conseil général de la Moselle a permis de faire le point sur les aspects communs et les différences des deux pays.

L’Allemagne en matière d’énergies renouvelables fait figure de modèle pour la France. La crise laitière de 2009 a mis en lumière ces avantages compétitifs que l’agriculture allemande tirait de sa réglementation en matière d’environnement par rapport à la France : contraintes administratives moins lourdes, réglementation moins stricte, tarifs de rachat de l’électricité d’origine renouvelable incitatifs… A Metz, les 4 et 5 mai, le conseil général de Moselle a organisé un colloque comparant les situations d’un côté et de l’autre de la frontière. Premier constat, l’emploi dans le secteur est une grande réussite pour le pays : aujourd’hui on y estime à 110 000 le nombre de salariés contre 65 000 en 2004. Dans la méthanisation, la chimie du végétal et la production de chaleur à partir de biomasse, notre voisin outre Rhin a pris une avance notable. L’Allemagne est même parfois allée trop vite comme dans le bois énergie (forte tension sur la ressource) et le biogaz (méthanisation en masse du maïs). Reste que la France, si elle veut rattraper son retard, devra s’inspirer de cette expérience.

Du biogaz dans les véhicules
« Sur les biomatériaux, les allemands ont de l’avance car ils sont plus tournés vers les demandes du marché. Ils sont plus pragmatiques, alors que la France reste pour le moment centrée sur la recherche en laboratoire », souligne Nicolas de Warren, directeur des relations institutionnelles du chimiste Arkema. Plus pragmatiques - et réactifs - les allemands le sont également dans l’application de la règlementation européenne. Comme en témoigne Laurent Humbert, d’UEM (société responsable de la distribution d’énergie de la ville de Metz) : « Il faut que le bois recyclé soit considéré comme du bois pour la combustion de biomasse et non comme un déchet. L’Europe l’autorise et l’Allemagne l’applique, pourquoi pas nous ? ».L’Allemagne qui est déjà en avance sur la production de biogaz (5800 unités outre Rhin contre une vingtaine en France) commence à développer le gaz naturel pour voiture (GNV). Dans les prochaines années, 20% de ce GNV devra être du biogaz. « Quand on produit du biogaz, nous ne prenons que le CH4 de la matière organique et le reste est remis sur les champs. C’est beaucoup plus efficace que les biocarburants », argumente Marcus Bastian, responsable chez l’industriel allemand du biogaz Enovos.
L’Allemagne garde donc quelques coups d’avance sur la France, quand nous en sommes encore à attendre un tarif de rachat de l’électricité produite à partir de biogaz. Au moins notre voisin outre Rhin essuie les plâtres, trace la voie à suivre pour éviter les écueils.

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