Entre 2023 et 2026, le gouvernement allemand compte injecter 1 Mrd€ pour améliorer les bâtiments d’élevage. Le ministre Cem Özdemir affiche sa volonté de faire aboutir deux dossiers déjà anciens : l’étiquetage du mode d’élevage et la taxe sur la viande.
Le gouvernement fédéral allemand préparerait un plan d’investissement d’un milliard d’euros (Mrd€) sur quatre ans (2023-2026) pour améliorer le bien-être animal dans les élevages, d’après la presse germanique. Dans un entretien au média agricole Top Agrar (article payant), le ministre de l’Agriculture Cem Özdemir (Verts) a indiqué vouloir « démarrer vite » ce programme qui concernerait toutes les espèces. Des discussions seraient en cours avec le ministre des Finances Christian Lindner (libéral) autour d’un « premier financement de départ supplémentaire » pour la transformation des bâtiments. Ce plan se baserait sur les travaux de la commission Borchert (ancien ministre de l’Agriculture), qui prévoit d’orienter la production vers « des élevages moins intensifs, avec accès à l’air libre via des bâtiments à front ouvert, équipés de filets brise-vent ou de courettes », illustre Christine Roguet, économiste à l’Ifip (institut français du porc).
Besoins « entre 1,2 et 3,6 Mrd€ »
D’après cette spécialiste de l’Allemagne, les besoins pour transformer les élevages outre-Rhin (toutes espèces confondues) se chiffreraient entre « 1,2 Mrd€ en 2025 et 3,6 Mrd€ en 2040 » ; ils seront croissants « au fur et à mesure de la transformation des élevages », précise-t-elle à Agra Presse. Le plan de 1 Mrd€ en gestation nécessiterait donc d’être complété. « Comme le stipule l’accord de coalition, nous travaillons également à un système de taxe solidaire sur les produits carnés » avec l’objectif de la lancer cette année, indique le ministre allemand. La commission Borchert préconise un niveau de 40 centimes par kilo de viande vendue. Une autre hypothèse – « la plus simple à mettre en œuvre », selon Christine Roguet – consisterait à relever la TVA sur les produits alimentaires (de 7 % à 19 %). Deux pistes aujourd’hui bloquées au niveau politique : « Le parti libéral-démocrate a promis qu’il ne réaliserait aucune hausse de la fiscalité », rappelle l’économiste.
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Par ailleurs, d’après l’Ifip, l’accord de coalition entre le SPD (socialistes), les Verts et le FDP (libéraux) prévoit « d’accorder, à l’avenir, des aides aux investissements sur des critères de mode d’élevage et, de manière générale, de n’accorder des aides que pour les niveaux supérieurs de l’étiquetage du mode d’élevage ». Cem Özdemir a annoncé vouloir mettre en place en 2022 cet étiquetage, dont le gouvernement a publié les critères en 2019.