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Produits carnés L’allemand Südfleisch se redresse et va se restructurer

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Pour le spécialiste allemand de la viande Südfleisch, l’année qui s’achève aura été rude. Elle a débuté avec une dévaluation des parts des sociétaires de 70 % (-38 millions d’euros après renonciations et aides bancaires), elle va s’achever par un bilan peu réjouissant et des changements de dirigeants. La restructuration est plus que jamais inscrite à l’ordre du jour.

Le bilan de la holding Südfleisch renseigne sur sa structure, mais il est bon de rappeler que dès sa création en 1998, l’entité avait dû désendetter les filiales, se retrouvant ainsi avec rien moins que 100 millions d’euros de dettes. La holding regroupe dans son giron les sociétés Südfleisch Gmbh, Süd-Ostfleisch qui travaille dans les nouveaux Länder, Atlas qui abat et commercialise hors de la Bavière, Südfleisch Handelsgesellschaft dédiée à la commercialisation de viandes et produits carnés, pour certains importés, Lutz Fleischwaren AG, ainsi que des participations dans des entreprises allemandes ou étrangères.

Plusieurs sources de pertes

Dans cet ensemble, Atlas et surtout Lutz (pour 14 millions d’euros) ont apporté des bénéfices en 2002, tandis que Südfleisch Gmbh a accusé un déficit de 17,4 millions d’euros, de même que Süd-Ostfleisch (65 000 euros mais en réalité 3,65 millions en prenant en compte une renonciation de la holding). En dépit des investissements qui y ont été réalisés, l’abattoir de Pfarrkirchen est resté une source de pertes. Le constat est identique dans l’autre unité de Süd-Ostfleisch, à Altenburg, où des investissements surdimensionnés ont atteint 120 millions DM, soit le double du montant prévu, alors que dans le même temps le cheptel a diminué dans les nouveaux Länder. La fermeture de l’outil doit-elle être envisagée ? La logique voudrait que oui, mais il faudrait dès lors rembourser les aides octroyées par l’Union européenne au moment de la réunification, et l’argent manque.

Changements de têtes

Quels sont les actionnaires pris dans cet « accordéon » ? Sept coopératives de vente de bétail contrôlent 78,06 % du capital, dont trois détiennent les 4/5es de ce total. Les 21,94 % restants se répartissent entre la Raiffeisen Beteiligungs AG de Bavière (7,28 %), la DZ Bank (7,22 %), Südferkel (porcelets 3,25 % ), le syndicalisme bavarois 1,94 % et des syndicats et groupements divers, veaux, taurillons, porcs. La réduction du capital ayant été de 38 millions d’euros, la ré-augmentation de ce capital par les coopératives de base est financée par une retenue de 30 centimes par porc et de 1,8 euro par bovin pour 1,5 million de porcs et 500 000 bovins traités annuellement.

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Il restait à assainir les filiales déficitaires. À cet effet, un nouveau responsable du plan de restructuration, Manfred Kempter a été recherché auprès de l’entreprise privée de viande Färber en pays de Bade, dans laquelle Südfleisch détient une participation de 26 %. Un nouveau responsable financier est également nommé en la personne de Manfred Geyer, ancien patron de la filiale Lutz AG. Toutes les activités de Südfleisch sont auditées en vue de déterminer où le groupe a acheté sa matière première trop cher pour vendre ses produits trop bon marché, et où la collaboration entre les implantations du groupe a été insuffisante.

Amorce de redressement

Au premier semestre 2003, Südfleisch Gmbh a enregistré des pertes de 7,4 millions d’euros. Il faut y ajouter le déficit de Süd-Ostfleisch, qui, en dehors des problèmes conjoncturels, est à imputer totalement au site de Pfarrkirchen. L’abattoir d’Ansbach, autre préoccupation de Südfleisch, vient d’être réduit à un centre d’allotement. Cette solution, contestée et même refusée par certains livreurs, évite d’avoir à effectuer des investissements énormes de mise aux normes. Par ailleurs, elle permet la saturation des capacités dans les unités de Würzburg et Weiden, vers lesquelles le bétail est désormais orienté.

À Pfarrkirchen, qui doit abattre 2 000 bovins et 4 000 porcs par semaine, une grande partie des locaux est utilisée maintenant par la filiale Lutz AG et son réseau de distribution spécialisé, pour réceptionner les carcasses et préparer la viande préemballée pour le libre-service. La Südfleisch Gmbh économise ainsi des frais de location, de personnel et de transport. Le mois dernier déjà, le site de Pfarrkirchen, dernier grand gouffre financier du groupe, affichait un résultat positif.