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Cycle de Doha L’ambiguïté de la position américaine plombe les négociations

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Le cycle de Doha, que le sommet du G-20 à Pittsburgh s’est de nouveau promis de conclure en 2010, est surtout paralysé par le manque d’implication de la nouvelle administration américaine, estiment les diplomates à Genève. Les négociateurs de l’UE, entre autres, dénoncent le fait que les Etats-Unis « envoient des signaux ambigus », affirmant parfois qu’ils ne veulent pas modifier ce qui est déjà acquis dans ces pourparlers, et d’autres fois, comme le fait leur représentant au commerce, Ron Kirk, que les offres sur la table ne sont tout simplement pas suffisantes, notamment celles du Brésil, de la Chine et de l’Inde.

«Nous sommes déterminés à rechercher une conclusion ambitieuse et équilibrée du cycle de Doha pour le développement en 2010, conforme à son mandat, basée sur les progrès déjà faits, y compris en ce qui concerne les modalités », ont répété les dirigeants du G-20 (principaux pays industrialisés et émergents) réunis les 24 et 25 septembre à Pittsburgh (Etats-Unis).
Les chefs d’Etat et de gouvernement ont, à cet effet, demandé à leurs ministres de « faire le point de la situation au plus tard début 2010 ».

Mettre la pression sur Washington
Les négociateurs de l’UE à l’OMC ne peuvent que constater que les Etats-Unis semblent être pour l’instant l’unique véritable facteur de blocage du cycle de Doha. Mais, selon eux, il ne faut pas oublier que d’autres se cachent derrière Washington, par exemple l’Argentine et l’Afrique du Sud qui n’auraient jamais accepté le compromis qui semblait devoir se forger en juillet 2008, avant l’échec des pourparlers ministériels (1). L’Allemagne reconnaît qu’il faut maintenant mettre la pression sur les Américains. Pour la Pologne, les Etats-Unis sont considérés comme la seule source de difficultés à Genève en grande partie parce que l’Inde semble avoir adopté une position plus souple. La France estime, comme l’Allemagne, qu’il revient à l’UE d’expliquer aux Américains que, sans eux, l’OMC ne peut pas vraiment fonctionner. Elle s’inquiète aussi de l’état des pourparlers multilatéraux sur les indications géographiques. Sur ce dernier point, la Commission européenne explique que, sans avancée notable sur l’agriculture et les tarifs industriels, les négociations ne peuvent guère progresser dans d’autres domaines. Enfin, le Royaume-Uni apprécie que l’UE parle aujourd’hui d’une seule voix à Genève, en faveur du cycle de Doha, pour un marché ouvert et contre le protectionnisme.

(1) Voir n° 3165 du 04/08/08

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