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Biocarburants L’ampleur du changement d’affectation des sols toujours en débat en Europe

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L’industrie européenne du biodiesel (EBB) publie une nouvelle étude qui remet en cause l’évaluation faite par la Commission européenne du changement indirect d’affectation des sols.

Le bureau européen du Biodiesel (EBB) a présenté le 3 septembre une nouvelle étude affirmant que les estimations utilisées par la Commission européenne pour évaluer l’ampleur du phénomène de changement indirect d’affectation des sols (ILUC) sont largement au-dessus de la réalité. Cette étude américaine réalisée par Air Improvement Resource, (S & T)2 et l’Université de l’Illinois à Chicago s’appuie sur un modèle dit GTAP différent de celui utilisé par l’IFPRI qui a réalisé l’étude pour la Commission européenne. Résultat : les émissions de gaz à effet de serre du biodiesel liée à l’ILUC seraient entre 65 et 95% inférieures aux chiffres avancés par Bruxelles pour légiférer sur la question. Ainsi, selon l’étude sur laquelle se base la Commission européenne, le biodiesel serait responsable de l’émission de 55g de CO2 par Mégajoule du fait du phénomène de changement d’affectation des sols alors que dans cette nouvelle évaluation il n’entrainerait que 2,33 gCO2eq/MJ d’émissions supplémentaires.
Ce modèle, indique l’EBB, prend mieux en compte la réalité de l’utilisation des terres, de l’augmentation des rendements et de l’utilisation des forêts dans l’Union européenne. Les auteurs de cette étude suggèrent également des améliorations de ces données en tenant compte des spécificités locales et des différentes cultures utilisées comme matière première.
 
Remise en cause de l’impact sur les prix mondiaux
ePure, l’association réunissant les producteurs de bioéthanol, publie de son côté une étude montrant que la production de biocarburants n’a qu’un impact très limité sur le niveau des prix alimentaires mondiaux. Réalisé par l’agence de consultants Ecofys, ce rapport conclut que depuis 2010, la production de biocarburant a entraîné une hausse de seulement 1 à 2 % des prix mondiaux des grains. De plus, elle souligne l’importance des co-produits riches en protéines (drèches, tourteaux, pulpes…) de l’éthanol et du biodiesel qui permettent limiter le changement d’affectation de sols. « Limiter la production de bioéthanol ne résoudra pas le problème de la faim dans le monde », en conclut ePure.
Le Parlement européen doit procéder au vote en première lecture du texte sur la prise en compte de l’ILUC dans le bilan des émissions de gaz à effet de serre des biocarburants le 9 septembre à Strasbourg. La Lituanie, qui préside le Conseil, espère aboutir à une position commune des États membres sur ce dossier d’ici la fin de l’année pour entrer en négociation avec le Parlement.

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