Abonné

Recherche Lancement de la Fondation française pour l’alimentation et la santé

- - 4 min

Des personnalités scientifiques et des industriels de l’alimentaire viennent de lancer les travaux de la Fondation française pour l’alimentation et la santé. Cette structure inédite et fédératrice voulue par l’Ania, l’Inra et l’IFN a enfin reçu l’appui complet des trois ministères concernés et doit être rapidement reconnue d’utilité publique afin de démarrer juridiquement à la fin de l’année. Elle vise à promouvoir des recherches pour mieux comprendre les comportements alimentaires et à contribuer par des actions emblématiques à la lutte contre l’obésité et à une meilleure nutrition.

La future Fondation française pour l’alimentation et la santé, initiée par l’Ania, l’Inra et l’Institut français pour la nutrition (IFN), a fait l’objet d’un lancement en grande pompe le 25 mai à Paris. Les missions de la fondation sont la «prévention, l’éducation et la recherche» sur les causes des déséquilibres dans les comportements alimentaires. La Fondation entend mobiliser tous les acteurs autour d’une politique globale et contribuer au débat public sur les questions de santé liées à l’alimentation et à la nutrition.
Son démarrage effectif est prévu pour la fin de l’année lorsque sera obtenue sa déclaration d’utilité publique. Auparavant, bien des obstacles ont du être franchis – et le dernier était l’aval du ministère de la Santé – depuis plus de quatre ans que l’Ania a eu l’idée de ce partenariat public-privé exceptionnel au service des recherches et des actions sur les liens entre alimentation et santé. L’association de préfiguration que préside Xavier Leverve, directeur scientifique Alimentation à l’Inra, a pu toutefois préparer l’organisation future, les méthodes et même définir les thématiques privilégiées.

120 entreprises déjà mobilisées
Jean-René Buisson, président de l’Ania, chargé comme vice-président de la Fondation de lui assurer les concours financiers des industriels, s’est félicité de cet aboutissement et de l’adhésion formelle, aujourd’hui, de 120 entreprises, chiffre qu’il espère voir grossir ensuite plus rapidement. Le budget ainsi mobilisé – près de 2 millions d’euros, auxquels s’ajoutent 0,5 M de l’IFN puisque celui-ci doit s’intégrer à la Fondation – devra être doublé en vitesse de croisière « pour être à la hauteur de la plupart des Fondations », selon le président Buisson.
Le principe de base de la Fondation est la parité entre le monde scientifique et le secteur industriel, ce que traduit rigoureusement sa structure à tous les étages. Celle-ci vise à « garantir une totale indépendance des travaux de recherche scientifique, tout en permettant un dialogue permanent et ouvert avec les pouvoirs publics et les entreprises de l’agroalimentaire », a souligné Xavier Leverve. La composition de son conseil d’administration est révélatrice à cet égard, avec quatre industriels, quatre personnalités scientifiques et quatre partenaires institutionnels (les ministères de l’Alimentation, de la Santé et de la Recherche, et ce « Parlement de l’alimentation » qu’est le CNA).

Fonctionnement paritaire autour de 3 pôles
Les travaux de la Fondation sont confiés à trois pôles, un pôle Débats, un pôle Actions et un pôle Recherche, chacun étant composé de 8 membres nommés pour quatre ans et où se retrouve une stricte parité entre acteurs économiques et scientifiques.
Le pôle Recherche, animé par Luc Pénicaud (Cnrs) et Jean-Philippe Girard (Eurogerm) proposera, après avoir identifié des « trous » de financement, de nouveaux programmes de recherche ; il évaluera la qualité scientifique des travaux et financera des recherches sur les déterminants des comportements alimentaires.
Le pôle Actions, conduit par Chantal Simon (CHU de Lyon) et Stanislas de Gramont (Danone Produits Frais) a pour rôle de coordonner des actions de proximité pour favoriser les comportements et modes de vie sains par des actions de terrain impliquant notamment les collectivités locales.
Le pôle Débats, sous la houlette de l’actuel président de l’IFN Gérard Corthier (Inra) et de Gérard Lebaudy (Biscuiterie de l’Abbaye) initie des réflexions sur des sujets prospectifs, propose et pilote la publication d’analyses et de synthèses scientifiques et organise colloques et symposiums dans la continuité de ce que faisait jusqu’ici l’IFN.
Pour confronter, mettre en cohérence et coordonner les travaux des trois pôles, le conseil d’administration est assisté d’un comité scientifique regroupant deux membres de chacun des pôles, deux administrateurs et 6 experts extérieurs. Son rôle est de garantir l’indépendance scientifique des décisions du conseil d’administration.

Restez au courant en temps réel !

Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.