On ne cesse de parler ces derniers temps de lanceurs d'alerte, sur des sujets qui portent plutôt sur les libertés humaines. Les auteurs du rapport sur la sécurité sanitaire des aliments sont à leur manière des lanceurs d'alerte. Certes, avant eux, les syndicats de contrôleurs vétérinaires avaient mis en garde les pouvoirs publics contre la réduction des effectifs de personnes chargées de protéger la sécurité de nos aliments. Cette fois-ci, c'est un rapport extrêmement documenté et précis qui vient montrer à quel point réduire les effectifs dans ce domaine alimentaire est risqué, voire criminel. L'alerte doit être suivie d'effet.
Le monde agricole, de même que les entreprises de transformation, devraient lire ce rapport, en tenir compte et le défendre bec et ongles. Car ils savent combien leur coûte une crise alimentaire de cette nature, lorsque, face à une intoxication, fût-ce à l'état de menace, la consommation d'un produit s'effondre soudain.
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Aujourd'hui, la qualité d'un produit agricole dépend fortement d'autres ingrédients. Ceux-ci sont intégrés pour former ce mécano final qu'est le produit alimentaire. L'amont agricole a donc intérêt à ce que les contrôles, tout au long de la chaîne, soient fréquents, efficaces, rigoureux. Ceci est d'autant plus nécessaire dans les cas – on l'a vu lors de la crise de la viande de cheval – où ce mécano va rechercher des ingrédients à l'autre bout de l'Europe. Cette crise n'avait pas provoqué de drame sur la sécurité des aliments mais on n'en était pas loin. L'Etat, les distributeurs voire les transformateurs peuvent bien avoir envie de faire quelques économies. Mais en cas de crise, tout le monde le paie.