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Ruralité L’Ander tient son premier colloque sur les relations ville-campagne

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Créée il y a six mois, l’association Ander a tenu son premier colloque à Paris sur les relations ville-campagne. Impossible d’échapper à deux questions d’actualité, celle du rapprochement entre les établissements publics fonciers et les Safer, et celle de la remise en cause des secondes.

L’Ander, Association nationale de développement des espaces ruraux, a tenu son premier colloque à Paris le 6 février, intitulé «Villes et campagnes : guerre et paix ». Gouvernance alimentaire des villes, place des espaces agricoles et naturels au sein des agglomérations, étalement et aménagement urbains, et relations entre mondes agricoles et écologistes face à la préservation des espaces agricoles et naturels étaient les quatre thèmes au programme. Les intervenants ont salué l’espace de dialogue dépassionné ouvert par cette jeune association. Créée en juillet 2011, l’Ander regroupe des députés, élus de bords divers et personnalités, et entend « donner l’alerte » auprès des décideurs sur la consommation accélérée d’espaces agricoles et naturels. Les quatre thèmes de cette journée inspireront autant de colloques thématiques dont le but ultime est de présenter des propositions pour mieux préserver le foncier. Cette conférence était aussi l’occasion d’aborder des sujets d’actualité comme celle du rapprochement entre Safer et établissements publics fonciers ou de la fiscalité de l’urbanisme. En conclusion, le président de l’Ander, Pierre Morel A l’Huissier, député de la Lozère, a souligné : « La ruralité, ce ne sont plus seulement les agriculteurs. Elle a beaucoup évolué, elle est diverse et plurielle. Les territoires ruraux se sont repeuplés, les nouvelles technologies de l’information et de la communication se sont développées. Aujourd’hui, il faut une vraie réflexion sur ce que l’on veut faire de nos territoires ruraux. Et les agriculteurs ont une véritable place à prendre dans cette réflexion. »

EPF-Safer, un rapprochement polémique
Difficile, dans une table ronde sur l’étalement urbain et le foncier agricole, d’occulter une question d’actualité, celle du rapprochement entre les EPF et les Safer. Surtout si des représentants des deux établissements y sont conviés, quelques jours après la remarque de la candidate écologiste, dans une ferme de Basse-Normandie, qui dénonçait, le 3 janvier, un dévoiement du service public dévolu aux Safer. « La question du rapprochement est sur la table », a confirmé Marc Kaszynski, directeur général de l’EPF Nord-Pas de Calais. Etablissements publics fonciers et sociétés d’aménagement foncier et  rural ont pour mission de réguler les marchés fonciers. La distinction des zones d’interventions respectives de ces établissements est  parfois délicate, comme en zone périurbaine. Il poursuit : « La question est de savoir comment les pouvoirs publics souhaitent réguler les marchés. Ce qui est indispensable, c’est d’intégrer les questions d’agriculture aux politiques de territoire en général. » Michel Heimann, directeur général de la Fédération nationale des Safer, a salué le travail réalisé avec les EPF « depuis plusieurs mois » au sein de l’Adef, l’association des études foncières sur la question du rapprochement. « Réfléchissons déjà à ce qui peut être complémentaire », a-t-il souligné.
« Un outil tel que la Safer doit exister », a soutenu Perrine Hervé-Gruyer, agricultrice bio en Haute-Normandie, ancienne juriste, mais aussi conseillère générale Verts Europe Ecologie de Haute-Normandie qui réagissait aux propos d’Eva Joly. « La question est sans doute de réfléchir à la façon dont les différents acteurs peuvent travailler ensemble ».

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