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Produits carnés L’Andouillerie de Fouesnant, majoritaire dans les Salaisons du Jet

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La petite société « Andouillerie de Fouesnant », dans le sud du Finistère, vient de réaliser un joli coup dans le Landerneau de la charcuterie en reprenant la majorité des parts des Salaisons du Jet, filiale d’une coopérative, qui lui permet d’élargir d’un coup sa gamme de produits.

L’Andouillerie de Fouesnant, spécialiste de l’andouille et de la tripe, qui emploie 30 salariés, a fait l’acquisition, début juillet, de la majorité du capital des Salaisons du Jet. Cette entreprise de 66 personnes était jusqu’à présent filiale de la coopérative Saint-Yvi Cornouaille, installée à Rosporden, également dans le Finistère. Celle-ci conserve une part importante de la société mais cède la gestion opérationnelle de Salaisons du Jet. Elle n’a pas souhaité commenter l’opération.

Une large gamme

Hervé Guyomar’ch, un des deux co-dirigeants de l’andouillerie fouesnantaise, souligne les aspects stratégiques de l’opération plutôt que la différence manifeste de taille entre sa société (2,48 millions d’euros de chiffre d’affaires) et les Salaisons du Jet (7 millions). « L’entreprise de Rosporden sait tout faire, le cru et le cuit, mais elle souffre de son positionnement à 80 % à la coupe », confie-t-il. L’Andouillerie de Fouesnant va progressivement nettoyer la large gamme des Salaisons du Jet des références qui ne génèrent pas de marge. Mais elle intègre déjà plusieurs produits à sa marque.

L’Andouillerie fouesnantaise, reprise en 2000 par Hervé Guyomarc’h et Philippe Tom qui signent de leur nom « Tom Guyomarc’h, charcuterie artisanale, andouilles et tripes » tous leurs produits, avait jusqu’à présent fait peu parler d’elle. Elle fabrique 320 tonnes d’andouilles et 80 tonnes de tripes. « Nous fabriquons l’andouille à l’ancienne, c’est-à-dire en la dégraissant à la main et non à la machine », souligne le dirigeant. En tête des ventes de la société, l’andouille de Vire avec 220 tonnes fabriquées dans l’année, suivie de l’andouille de Guémené, qui représente 100 tonnes. Le marché totalisait en France 5 640 tonnes en 2002.

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Une nouvelle marque sur le marché de la charcuterie

L’Andouillerie fouesnantaise avait déjà réalisé une opération de croissance externe, en 2003, en rachetant les salaisons Furic (trois salariés alors, dix maintenant) qui bénéficient de l’appellation « véritable andouille de Guémené ». Elle avait aussi orienté son portefeuille clients, au départ tourné vers des industriels et des grossistes, principalement vers les enseignes de la grande distribution qui achètent désormais la quasi totalité de sa production. « Mais uniquement dans l’Ouest et la région parisienne, les deux seuls bassins de consommation de l’andouille », fait remarquer Hervé Guyomarc’h.

Ce choix commercial en a imposé un autre : l’élargissement de la gamme. L’andouillerie fouesnantaise proposait aux acheteurs de GMS des produits de charcuterie qu’elle négociait auprès de divers fabricants, notamment les Salaisons du Jet, avant de les identifier à sa marque. Ces produits pesaient de plus en plus dans ses ventes (30 % du chiffre d’affaires l’année dernière) et risquaient de brouiller l’identité du producteur artisanal. En prenant le contrôle de Salaisons du Jet, ses dirigeants règlent le problème.

Mieux : ils accèdent à un savoir-faire industriel, notamment dans le conditionnement de tranches d’andouilles car « c’est là que va le marché », souligne Hervé Guyomarc’h. Il souligne en outre que c’est la première fois depuis une vingtaine d’années qu’une nouvelle marque, l’Andouillerie Fouesnantaise, fait son apparition sur le marché de la charcuterie en France.