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International L’Ania lance un « plan Marshall » pour l’export

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L’export peut-il être l’antidote aux difficultés des entreprises sur le marché national ? L’Ania en est persuadée, et c’est pour cela qu’elle lancera en 2019 son plan d’action pour que les entreprises trouvent, ou retrouvent, de l’oxygène en orientant leurs flux commerciaux vers l’étranger.

Le 22 octobre, à l’occasion du Sial, l’Ania a tenu à rappeler que les entreprises agroalimentaires françaises sont peu exportatrices. « Seules 2 entreprises françaises sur 10 exportent versus 8 sur 10 en Allemagne et seuls 21 % du chiffre d’affaires des entreprises agroalimentaires est réalisé à l’international », explique l’Ania. De plus, les entreprises des IAA se font distancier par leurs concurrentes : la France est ainsi passée de la 2e à la 4e place mondiale des exportateurs de produits alimentaires en une dizaine d’années.

Pourtant, les opportunités existent. L’Ania voit même une marge de progrès « immense » car de nombreux marchés extérieurs restent encore sous-exploités. Les deux tiers des exportations sont destinés à l’Union européenne, contre 14 % vers l’Asie et 10 % vers l’Amérique du nord. Le grand export est un vivier d’opportunités, notamment les États-Unis où les produits français sont de plus en plus appréciés, et la Chine où les exportations françaises sont en hausse annuelle de 27 %. Même en Europe, certains marchés sont sous-exploités comme la Pologne, l’Italie, la Belgique ou la Suisse.

Sur le terrain, les entreprises rencontrent de difficultés bien précises pour se projeter hors des frontières hexagonales. Selon une enquête qu’elle a réalisée, celles-ci notent « un manque de commerciaux pour assurer la prospection et les premiers contacts clients, un manque de capacités d’investissement et un alourdissement de la fiscalité et un manque d’informations, que ce soit en matière de réglementation ou d’identification des marchés à cibler. »

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Un nouvel état d’esprit "plus offensif"

C’est pourquoi l’Ania a décidé de faire de 2019 une année placée sous le signe de l’international et de se doter d’un plan d’actions. « Ce plan Marshall ouvre une nouvelle dynamique, un nouvel état d’esprit plus offensif qui va permettre à nos entreprises petites, moyennes et grandes, présente dans toutes les régions, de remonter sur la plus haute marche du podium des exportateurs alimentaires », explique Richard Girardot, président de l’Ania.

Concrètement, l’Ania, ses partenaires et les Aria, vont mettre en place un véritable « plan Marshall de l’export ». Celui-ci consistera en des « programmes collectifs opérationnels comme les programmes d’export aux USA et en Chine de l’ANIA, qui apportent des opportunités business immédiates aux entreprises ». Pour cela, l’Ania va mener des actions de visibilité, des venues d’acheteurs en France, des semaines de promotions en points de vente et des road shows. L’association prévoit aussi « une montée en puissance du Club export de l’Ania co-animé avec Business France » et « apportera sa contribution à la réussite de nouveaux dispositifs d’accompagnement individuel des entreprises avec le déploiement des équipes de Team France en régions et le lancement en 2019 d’un accélérateur dédié aux IAA ».